Au royaume des trophées de l'édition, l'éborgné-roi

Nicolas Gary - 11.12.2019

Zone 51 - Insolite - trophee edition professionnels - conseils professionnels témoignages - rassurer client publicité


Grande première que cette soirée du 10 décembre : les premiers trophées de l’édition étaient décernés, pour saluer le travail des éditeurs. Dix catégories pour évaluer l’investissement de chacun, et trois prix spéciaux qui découlaient des votes des abonnés de Livres Hebdo. Le magazine historique de l’industrie prenait l’initiative d’une cérémonie de récompenses.


Au menu, donc, 10 catégories : 
Trophée de la création éditoriale
Trophée de la conception artistique 
Trophée de la fabrication du livre
Trophée de la valorisation du fonds 
Trophée de la communication
Trophée de l’opération marketing et commerciale 
Trophée de l’innovation numérique 
Trophée de l’innovation logistique 
Trophée du succès international
Trophée de la responsabilité sociale et environnementale

Avec donc trois prix de lecteurs/abonnés — le magazine est vendu sous abonnement uniquement ou paywall sur internet — ainsi qu’un coup de cœur de la rédaction. 

Il est évident que saluer la qualité du travail de ses partenaires, et confier à Denis Olivennes le soin de présider le jury, manquait dans le paysage. Remercions-le au passage de la mission de 2007, qui a conduit à la création d'Hadopi, sous le règne de Christine Albanel alors en poste rue de Valois. Pour autant, les jurés reflètent une réelle diversité professionnelle réunissant libraires, comédien, bibliothécaires ou encore éditeur italien. 

Contacté par ActuaLitté, c’est justement un libraire de premier niveau qui nous fait part de son enthousiasme. « C’est appréciable, cette cérémonie d’autocongratulation, qui cache à peine ses véritables intentions. Je me permets de vous faire remarquer que sur leur affiche — outre le visuel d'un snobisme parisien à s’en décrocher la mâchoire — il se trouve un chien avec un livre dans la gueule. Éditeur, je me méfierais… » Attention : les chiens rapportent le journal, pourquoi pas les livres, et puis, des canidés amateurs de lecture, il s'en trouve.


détail dudit visuel et du toutou lecteur
 

Mais notre libraire avait autre chose en tête : « Qu'un magazine qui se revendique comme dédié aux professionnels devienne l'arbitre des élégances, pour partie, c'est rassurant. Personnellement, j'ai toujours apprécié dans mon travail les témoignages de professionnels reconnus, et qui n'hésitent pas à s'engager. » Quid ? « Observez bien la page boutique, qui recueille trois interventions de bibliothécaire, libraire et éditrice. Il s'agit bien là de professionnels qui vantent les mérites de la publication, non ? »

En effet, boutique.livreshebdo.fr présente trois personnalités de l'édition – que la rédaction avoue n'avoir jamais rencontrées, mais on ne peut pas connaître tout le monde. Enfin, jamais rencontrées... en tout cas dans l'industrie du livre, car en fouillant un peu, sur les habiles recommandations de notre libraire, on découvre aisément que ces trois professionnels convaincus ont eu d'autres existences.




Cette éditrice, par exemple, affirme qu'elle trouve ce « dont elle a besoin pour piloter mes équipes ». Même si bon, elle passe plus de temps dans son véhicule qu’à lire des manuscrits. Pilote de course, quand l'édition est un métier de marathoninen ? 


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Pour preuve ce libraire, qui s’engage pour des grandes causes – on ne le lui reprocherait pour rien au monde d'avoir un engagement citoyen. Le problème est peut-être plus dans le cumul des métiers qu'il pourrait avoir quelques soucis, puisqu'il est en même temps rédacteur en chef sous le nom de Nicolas G. (c’est suspect).



 

 

Quant à la bibliothécaire chrétienne, elle devait manifester ce 5 décembre pour défendre sa retraite, contre Emmanuel Macron et sa réforme : en effet, il semble bien qu'elle bosse aussi dans les télécoms pour arrondir ses fins de mois... Ah quand on vous dit que travailler dans l'édition, ce n'est pas pour l'argent...






Et que penser de ce directeur de collection, considérant que son poste est probablement très menacé ? Un homme consciencieux, puisqu’il a choisi une banque en ligne pour ses activités professionnelles… depuis l’Allemagne. Tout aussi soucieux de son avenir, il s’est également mis à son compte pour Diamart Consulting qui accompagne « commerce ou services, distribution ou négoce, marque ou enseigne, online ou physique ».



 


So ? Eh bien, des photos d'actrices et d'acteurs, publicitaires bien avant d'être professionnels, et qui s'y connaissent autant en prix unique du livre, typographie, casse, innovation numérique et prêt ou fabrication de livres que Tati Danielle, la méchanceté qu'on leur supposera en moins. Et qui pensait trouver d'authentiques messages de pros, parlant aux pros, tombera donc simplement sur de la réclame, en bonne et due forme...

#Ohwait ! Espace boutique, pour inviter à souscrire à un abonnement : des acteurs prêtant leur visage sont-ils plus convaincants que des professionnels témoignants ne seraient convaincus ? « Au prix où sont les abonnements, vous êtes renseignés », soupire l'acerbe libraire qui nous avait contactés.

 

mise à jour 16 h 48 : 


Corollaire — ou petit coup aux coronaires ? – de notre articulet, des lecteurs bienveillants nous indiquent que les mannequins ont tous disparu des pages commerciales de la boutique en ligne. Diable : soit le conflit d’intérêts entre leurs activités publicitaires et leur fonction dans les métiers du livre est apparu irrémédiable, soit… non, non, l’idée est effrayante : nous aurions tapé juste ?

Cette seconde hypothèse serait-elle cependant corroborée (ou aggravée) par la publication des perturbateurs endocriniens favoris de l’édition, les Kevin ? 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

@actualitte vous régalez, on attend vos Trophées  @livreshebdo #tropheesedition

Une publication partagée par Les Kevin de l'édition (@leskevindeledition) le

 




Commentaires
L"ouroboros ou les Trophées de l'onanisme germanopratin



#OhWait - Tout le monde sait que les parisiennes portent chapeau enfin. Les modistes ont du bien travailler hier soir.

#OhWait -Trophée de la responsabilité sociale et environnementale à Hatier : "Depuis plus de 10 ans les augmentations collectives ne concernent qu’environ 1/3 des salarié.e.s (voire 0% cerrtaines années) et ne représentent qu’une part très faible de la masse salariale de l’entreprise", souligne l’intersyndicale, qui dénonce également la "surcharge de travail" au sein de l’entreprise." écrivait justement le magazine il y a 10 jours. Fallait bien se racheter d'avoir été aussi méchants. Bouh vilain.

#OhWait - Trophée de l’innovation logistique à Humensis, sponsor de la soirée. Fallait bien dire merci

#OhWait - Trophée de l'innovation numérique : pour ce prix sponsorisé par deux GAFA Google et Facebook, on l'a échappé belle : KDP eut pu être récompensé. Ah zut, Amazon n'est pas encore dans les sponsors, ce sera pour l'année prochaine.

#OhWait - Quelques membres du jury ont des accointances chaleureuses avec les sponsors Vivendi et Hachette non? Non? Au prix de l'abonnement, vu les marges des libraires et les budgets des bibliothecaires, il ne reste plus guère que les bureaux parisiens à pouvoir se payer de l' "info professionnelle". Fallait bien dire merci, et assurer les budgets pub de l'année prochaine...
Et comment ne pas sourire jaune à l'attribution du trophée "opération commerciale" attribué à Terre vivante pour son...incentive chez...Cultura (sa politique de décroissance, son environnement respectueux de l'aménagement du territoire…)
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