Bartleby préférait ne pas vous dire : Goncourt à Martinez, Renaudot à Carrère

Clément Solym - 28.10.2011

Zone 51 - Bartelby - Goncourt - Renaudot - prix littéraire


Hier soir, ou ce matin très tôt, Bartleby était de sortie. Dans un de ces bars inconnus des touristes, non loin de la rue Mouffetard, mais dans lesquels on croise d'étranges personnages... Dans les vapeurs de fumées, d'opium, ou de haschich, car en ces endroits, fumer serait plutôt recommandé, Bartleby pensa reconnaître une ombre...


Ou deux...

 

Celles des frères Goncourt. Occupés à deviser.

 

Et devinez quoi ? Ils parlaient de cette remise de prix qui aura lieu bientôt... Un nom revenait, celui d'une femme... publiée chez Gallimard...

 

Carole Martinez

 

« Diable », se dit Bartleby. « Elle fait partie de la dernière liste, mais comment deux spectres pourraient connaître le futur ? »

 

Balayant les douces volutes bleues, Bartleby vida son verre et paya. Alors comme ça, Carole Martinez obtiendrait le Goncourt ? « Parole de fantôme n'a pas d'âme », disait son père. Mais tout de même, la coïncidence...

 

Il allait quitter le rade, l'esprit brumeux, quand il entendit deux bourrus, avec un accent des Balkans... non russe. Comment croire ? Un nouveau signe ? On parlait de poésie, de politique, de pornographie.

 

Au fait de la chose littéraire, Bartleby s'arrêta : ne sont-ce pas là les motifs du livre d'Emmanuel Carrère, sur Edouard Limonov ? Il sortit son carnet, et remarqua que Carrère comptait encore sur plusieurs listes, celle du Flore, du prix Décembre... et du Renaudot.

 

« Diable encore ! », pensa Bartleby... « Le Goncourt et le Renaudot sont remis le même jour, le 2 novembre. »

 

Il aurait voulu interrompre ces hommes et les questionner, mais il n'était plus temps.

 

Bartleby avait d'autres chats à fouetter.