Bartleby préférerait ne pas vous dire : Un Goncourt pour une aurore Boréale

Clément Solym - 26.08.2010

Zone 51 - Bartelby - queffelec - goncourt - aurore


C'était un soir de 1985... Il faisait probablement assez doux encore pour la saison et le lauréat du Goncourt avait été dévoilée depuis midi ou presque. Cette année, pour ne pas changer trop, c'était à Gallimard qu'était allé le prix, récompensant l'ouvrage d'un auteur plein de talent, qui avait fait paraître son premier ouvrage en 1981.

Yann Queffélec. Le livre ? Les noces barbares.

Forcément, l'histoire se déroule comme il se doit et les radios s'enchaînent. La presse veut parler à l'homme qui cette année-là - quelques semaines à peine après la mort d'Italo Calvino - suscite l'enthousiasme du jury Goncourt.

Entre autres médias, Radio France, qui pour les ondes de France Inter veut une interview. Parler, échanger avec ce romancier. Après tout la carrière d'écrivain embrassée à 32 ans fait de lui un homme au discours plus posé, probablement.

Oui, mais voilà... Le soir même, Yann sort, fêter cette triomphale nouvelle. Un peu d'alcool - autant que l'on peut en consommer quand on travaille dans l'édition - et puis, il est facile d'échapper à la surveillance de son éditeur. Pourtant, rendez-vous est pris avec Inter, et rendez-vous non-négligeable tout de même.

La promotion du livre doit se poursuivre et par le biais de ce canal, ce n'est pas rien.

Le matin, la radio s'inquiète. Pas de traces de Queffélec. On assure, on garantit : il viendra. Il sera là. Mais après quelques heures interminables, toujours aucune nouvelle. Le romancier a disparu.

Saviez-vous où il était ? Dans un avion.

Parti observer une aurore boréale...

Il faudra des années ensuite pour que l'auteur soit de nouveau invité....