Blessé au talon, Beckham méritait bien un poème, comme Achille

Clément Solym - 17.03.2010

Zone 51 - Insolite - talon - Beckham - blessure


Ulysse drible sur la gauche, passe à Agamemnon, qui renvoie sur Patrocle - ah, non, il vient de se faire tuer ! Interception d'Hector, qui remonte, balle au pied tout le terrain, esquive un tacle... passe à Alexandre-Paris, qui approche de la surface de réparation s'apprête à tirer... le stade de Troie retient son souffle... Ah, mais quel vilain geste de Ménélas, qui s'est interposé avec un coup de la corde à linge... C'est vrai que ces deux-là ont un petit différend, mais quel manque de fair-play !


Nous y voilà : la poésie nouvelle, celle qui tire du quotidien son inspiration, qui puise dans les ressources les plus inattendues et fait feu de toute muse (hérétique !)... C'est ainsi que Carol Ann Duffy a immortalisé, façon homérique, la blessure du capitaine de l'équipe d'Angleterre de football, en le comparant évidemment au guerrier grec Achille.

Pour Carol, Beckham est presque lui-même un personnage mythique, dans la culture populaire. « L'image la plus tragique fut celle de le voir incapable de marcher, pleurant sur le bord du terrain. C'est fascinant de s'apercevoir que cette blessure tire son nom d'Achille... »

Souvenez-vous, c'est durant le match où il jouait sous son maillot du Milan AC que le sportif s'est écroulé, le 14 mars dernier, contre l'AC Chievo de Vérone... Une minute de silence pour la star...


Pour mémoire, mais vraiment pour les retardataires de la mythologie grecque, Achille s'est fait immerger dans le Styx par sa mère, chose qui l'a rendu invisible, sauf qu'au lieu de le balancer à la flotte, sa maman le tenait par le talon. Sa plus grande faiblesse, donc. « Ce poème est écrit en gage de compassion pour cette histoire qu'il partage avec Achille et qui donna son nom à la blessure de Beckham », ajoute la poétesse.

Voilà la composition réalisée par Carol

Achilles

Myth's river – where his mother
dipped him, fished him, a
slippery golden boy flowed on,
his name on its lips.

Without him, it was prophesied,
they would not take Troy.

Women hid him, concealed him
in girls' sarongs; days of
sweetmeats, spices, silver songs ...

But when Odysseus came, with an
athlete's build, a sword and a shield,
he followed him to the battlefield,
the crowd's roar,

And it was sport, not war,
his charmed foot on the ball ...

But then his heel, his heel, his heel ...



Ah oui, pour mémoire, mais plus intéressante, celle-ci, Carol est depuis un an la poet laureat, ou poètesse officielle de l'Angleterre... Ceci expliquant cela...