Bon anniversaire à Héloïse d'Ormesson pour ses trois ans

Clément Solym - 17.03.2008

Zone 51 - Insolite - anniversaire - Heloise - Ormesson


Chez Héloïse d'Ormesson, on n'aime clairement pas s'amuser, on n'apprécie pas l'humour et fêter un anniversaire équivaut à se couper un bras. Quant à l'opinion qu'ils peuvent avoir des journalistes, mieux vaut la passer brillamment sous silence ainsi que Gilles Cohen-Solal l'a fait hier.

Et pourtant, à trois ans, on babille un peu mieux, on ne sait pas encore descendre un escalier tout seul, on revendique son altérité et logiquement, on n'est pas encore tout à fait propre, il semblerait en tout cas que le stade oedipien se déroule sans trop d'embûches.

Et en l'occurrence, hier, c'était le troisième anniversaire de la maison d'édition.



Parce que oui, hier, la fête était à son comble. Et les combles on sait ce que c'est... Rendez-vous pris à 20 heures pétantes (« merci d'être en retard » accueillera ceux qui dérangeront le topo du chef), à l'Entrepôt, dans le XIVe. Bon, nous vous passerons sous silence la légère dyslexie métroïque qui s'est emparée de nous : même pas capables de s'arrêter au bon endroit, ni de compter jusqu'à deux et de descendre à la bonne station.

Bref. Arrivés dans la salle, on trouve immédiatement du beau monde, des auteurs, un Gilles, d'autres auteurs, une Héloïse, le reste de la maison et... des auteurs. Et puis, parce qu'il faut bien sacrifier au rituel du petit discours, on s'est assis, un bon verre de vin blanc sec à la main et on a écouté Gilles nous démontrer à quel point il n'était pas bien élevé. Il paraît presque inconcevable qu'un papa comme Jean ait laissé sa fille à un tel cuistre qui ose parler et je cite « de politique, de religion, de sexe et d'argent ». Odieux, vous dis-je !



Et pourtant. Quand on a une plume comme la sienne, et une telle verve, ce n'est pas éditeur que l'on devrait faire, mais plutôt auteur. Parce que le discours valait son pesant de cacahuètes, et ce n'est rien de le dire. Assis sur un tabouret haut, Héloïse à ses côtés, tenant un micro qui n'y mettait pas du sien, il nous a régalés d'un discours drôle et croustillant.

Tous deux ont fait du livre une religion, ou presque. Et pour ce qui est de leur politique d'édition, vous savez qu'on l'apprécie dans nos colonnes pour certains livres dont on vous a déjà parlé. Le sexe est une trop vaste affaire pour être ici résumée, mais manifestement ça roucoule. Quant à l'argent, n'ayons pas peur des mots « c'est grâce à vous que l'on vend des livres », salue Gilles.


Du buffet qui s'ensuivit, du champagne coulant généreusement et à flot, on ne pourra d'ailleurs vous dire que du bien. On a même tenté de suivre les conseils prodigués par le maître de cérémonie en se montrant « civilisés », et promis, on a piqué dans l'assiette de personne. Et même si nous regrettons de ne pas avoir eu quelques mots d'Héloïse, des anniversaires comme celui-ci, on en voudrait plus souvent. Et cela semblait aussi l'avis des personnes présentes.