Braquer une banque à Nouvel An, en hommage à Arthur Rimbaud

Antoine Oury - 14.01.2015

Zone 51 - Insolite - Arthur Rimbaud poète poésie - braquage banque nouvel an - hommage Joseph Gibbons


Un inhabituel motif vient d'être avancé par un braqueur de banque, à New York : Joseph Gibbons, ancien professeur au sein du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), a expliqué qu'il avait agi en hommage à Arthur Rimbaud. Gibbons a braqué un guichet de la banque Capital One, à New York, pour les besoins d'un projet artistique, le tout dans un élan de cinéma-vérité.

 

 

Image de la caméra de sécurité de la banque Capital One, à New York

 

 

Joseph Gibbons n'en est pas à son coup d'essai, et pourrait même être qualifié de criminel endurci : en 1977, il avait dérobé une toile estimée à 13.000 $ au sein de l'Oakland Museum. Dès la mi-novembre 2014, il a récidivé, en braquant une banque à Providence, sur Rhode Island, pour environ 3.000 $ de butin.

 

Sa dernière exaction remonte au Nouvel An : l'homme avait laissé un mot à sa famille, écrivant « Je vais en ville, je me suis pris une chambre au Bowery Hotel, j'ai fait un dépôt pour la sécurité sociale, j'ai braqué une banque, et je passe à l'épicerie. » Personne ne l'a pris au sérieux, mais Gibbons a bel et bien braqué un établissement financier à Chinatown, et a même filmé son geste.

 

« Pour être honnête, je suis resté longtemps dehors, à parler à ma caméra, en dénombrant les raisons pour et les raisons contre cet acte. L'inspecteur de police m'a dit qu'ils avaient une vidéo de moi restant longtemps devant la banque... Probablement la raison pour laquelle la batterie de la caméra m'a lâché quand je braquais la banque » a expliqué l'ex-professeur au New York Times.

 

Gibbons a demandé à l'employé des grosses coupures, et, surtout, pas de dispositifs pour colorer les billets volés. « Malheureusement, il a fait l'inverse », commente le braqueur. Gibbons s'est donc retrouvé avec un peu plus de 1000 $ en liquide, mais des billets maculés de colorants. Il a décidé de les conserver, « en souvenir ».

 

L'homme a expliqué que les braquages qu'il entreprenait faisaient partie d'un projet de cinéma-vérité, inspiré par Arthur Rimbaud. « J'ai lu les travaux d'Arthur Rimbaud, qui, en gros, pensait qu'un poète devait plonger au plus profond de la noirceur, et revenir pour témoigner. » Outre ce motif, il a admis que des besoins financiers l'avaient poussé à commettre ce geste : il n'est plus professeur au MIT depuis 2011.

 

Un de ces anciens étudiants, auquel il s'était confié, aurait prévenu la police, inquiet pour l'ex-professeur. Il a été reconnu coupable du braquage, avec des vidéos de surveillance l'identifiant, avec une caution qui s'élève à 50.000 $. Il doit encore passer en jugement pour son précédent braquage.