Brontë Juvenalia : Les livres miniatures de Charlotte et son frère

Julien Helmlinger - 03.07.2014

Zone 51 - Insolite - Charlotte Brontë - Manuscrit - Livre miniature


Au cours des années 1829-1830, Charlotte Brontë n'était encore qu'une jeune fille de 13 ans, mais d'ores et déjà pourvue d'une créativité prometteuse. Avec la contribution de son frère Branwell, d'un an son cadet, l'ingénieuse écrivaine en devenir se créait déjà des mondes imaginaires tels que ceux que la fratrie aura baptisés Angria et Glass Town. Des univers fictifs que les deux Brontë ont couchés sur le papier, dans des livres minuscules faits main.

 

 

Crédits : Harvard 

 

 

Les soeurs, mais aussi leur frère, Brontë, sont donc tombés dans l'édition quand ils étaient petits. Bien avant de laisser leur empreinte durable sur la littérature britannique, pour ce qui est de Charlotte, auteure de Jane Eyre, et Emily avec Wuthering Heights. Ou de sombrer dans l'alcool, l'opium et mourir de tuberculose dans le cas de Patrick Branwell.

 

Ces ouvrages DIY de la fratrie, connus sous le nom de Brontë Juvenalia, mesurent chacun 2 pouces de hauteur pour 1 en largeur. Ils ont été réalisés à partir de bouts de papier que les jeunes auront découpés, pour y coucher leurs mots sélectionnés avec soin.

 

Une vingtaine de livres produits par Charlotte et Branwell subsiste encore aujourd'hui en bon état. Et il ne faudrait pas se laisser abuser par leurs petites tailles, car ce serait bel et bien de grandes histoires que ces manuscrits renferment.

 

Si leurs soeurs Anne et Emily ont également réalisé ce type d'ouvrages, mais ceux-là auront visiblement été perdus au fil du temps. 9 manuscrits parmi ceux préservés sont conservés au sein de la Houghton Library de l'université de Harvard. Accessibles depuis longtemps aux chercheurs, ils ont depuis été numérisés et mis en ligne pour permettre un accès à un plus large public.

 

Pour la conservatrice Leslie Morris, qui a grandi avec l'oeuvre des soeurs Brontë et se trouvait interrogée par la Harvard Gazette,  l'observation de ces objets physiques serait notamment un moyen de se connecter avec le passé.

 

Quand Priscilla Anderson, qui a oeuvré à leur restauration pour le Weissman Preservation Center, estime que « ce qui est extraordinaire, c'est la mesure dans laquelle ils imitaient une édition professionnelle, la variété du contenu, et la persévérance nécessaire ».

 

Pour jeter un oeil aux versions numérisées, c'est par ici :

 

Par Charlotte Brontë :
Scenes on the great bridge, novembre 1829
The silver cup: a tale, octobre 1829
Blackwoods young mens magazine, août 1829
An interesting passage in the lives of some eminent personages of the present age, juin 1830
The poetaster: a drama in two volumes, juillet 1830
The adventures of Mon. Edouard de Crack, février 1830

 

Par Patrick Branwell Brontë :
Branwells Blackwoods magazine, juin 1829
Magazine, janvier 1829
Branwells Blackwoods magazine, juillet 1829