Bukowski n’avait pas peur de la mort et n’aimait pas Malcolm Lowry

Cécile Mazin - 13.09.2019

Zone 51 - Insolite - bukowski - conseils - céline


Les passages télé de Bukowski font maintenant partie de la légende des lettres américaines. Dans cet extrait repéré par le site Open Culture, l’auteur de Factotum joue les philosophes et nous livre quelques-unes de ses vues concernant l’existence, dans son style unique et son sens de la mesure toute relative. 

Egan Snow, CC BY-SA 2.0

Quand on lui demande si la mort lui fait peur, Bukowski répond : « No. In fact, I almost feel good at the approach of death. (…). You see, as you live many years, things take on a repeat. You keep seing the same thing over and over again, the same substance, the same action, the same reaction, so you get a little bit tired of life. (…). So, no, I have very little fear of death. In fact, I almost welcome it ». Soit en français : « Non. En vérité, je me sens presque bien à l’approche de la mort. (…). Vous savez, quand vous vivez longtemps, les choses finissent par se répéter. Vous n’arrêtez pas de voir tout le temps les mêmes choses encore et toujours, la même substance, la même action, la même réaction, donc vous finissez par être un peu lassé de la vie. (…). Donc, non, je n’ai pas vraiment peur de la mort. À vrai dire, je l’accueillerais presque ». 



Au rayon des avis tranchés, on trouve aussi une descente en flammes du roman de Malcolm Lowry, Au-dessous du volcan (1947). « I yawned myself to shit », (« J’ai baillé à m’en faire chier »), telle fut son expérience de lecture. Il lui reproche l’absence de rythme, de rapidité dans son écriture. Un passage qui fait d’ailleurs beaucoup penser à cet interview de Céline, l’un des maîtres de Bukowski, où le docteur de Meudon se lamente de l’absence de style de ses contemporains. « C’est rare un style monsieur, un style il y en a un ou deux ou trois par génération. (…). Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n’avez rien ». 



Bukowski n’est pas un critique littéraire comme les autres et, au moins, il a le mérite de nous dire le fond de sa pensée en quelques mots bien sentis ! Vers la fin de l’extrait, il va même jusqu’à reprocher à Lowry, en plus d’être un mauvais écrivain, de ne pas être un « ivrogne professionnel » (sous-entendu, contrairement à lui) ! « If you write dull shit, it doesn’t do any good what you die from! » (« Si vous êtes un écrivain ennuyeux, peu importe comment vous mourrez »), dit-il quand le journaliste lui fait remarquer que Lowry est tout de même mort de son alcoolisme. 

Plus sérieusement, c’est un peu son manifeste poétique que nous livre l’auteur américain. « This is the atomic age. Each line must have its own power, its own feeling, its own juice, its own flavor. Writing must never be boring. (…). Each line must be an entity up to itself. » : « Nous sommes à l’âge atomique. Chaque phrase doit avoir son propre pouvoir, son propre sentiment, son propre jus, son propre goût. L’écriture ne doit jamais ennuyer. (…). Chaque phrase se doit d’être une entité à elle toute seule. » Des conseils que bon nombre d’écrivains pourraient en effet méditer…


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