Dalí explore les plaisirs de la bonne chère, avec Gala

Antoine Oury - 30.04.2014

Zone 51 - Insolite - Savador Dali - livre de cuisine - Gala


Il y a probablement plus qu'une métaphore à faire entre la cuisine et la peinture, et Salvador Dalí a assuré à qui voulait l'entendre qu'il aurait voulu être cuisinier dès l'âge de six ans. En 1973, le fameux surréaliste publie Les dîners de Gala, hommage à celle qu'il rencontra plus de quatre décennies plus tôt. 

 


 

Étant donnée la forte présence de la nourriture dans ses oeuvres, pas besoin d'une maîtrise d'histoire de l'art pour déduire que Dalí était une fine bouche. En 1973, il publie chez Felicie un épais livre de recettes, qui troque les habituelles photographies aseptisées pour des toiles du maître. Découpé en douze chapitres, le livre aborde autant de catégories d'aliments, prévenant dans son introduction qu'« il ne s'agit pas ici de formules diététiques ».

 

« Si vous êtes un disciple de ces décompteurs de calories, qui transforment le plaisir de manger en une forme de punition, fermez ce livre immédiatement. Il est trop enjoué, trop agressif, et bien trop impertinent pour vous. » Une fois les précautions d'usage, c'est un vaste délire qui peut commencer, avec, entre autres, le « Congre du Soleil Levant », associant l'anguille à la laitue, le « Consommé d'écrevisse »ou encore les « Oeufs de douze ans d'âge », recette asiatique à la sauce Dalí.

 

L'artiste ne pouvait pas faire l'impasse sur le chapitre « Aphrodisiaques », révélant notamment la recette du Cocktail Casanova : jus d'orange, Campari, gingembre, Brandy, poivre de cayenne... « Buvez et... attendez les effets. C'est plutôt rapide », assure Dalí...

 

L'ouvrage est évidemment devenu une denrée recherchée, et s'échange pour près de 150 € sur le marché de l'occasion, quand il vaut plus de 700 € à l'état neuf.