Dans les restaurants new-yorkais, où les complots s'ourdissent

Clément Solym - 17.06.2013

Zone 51 - Insolite - Manhattan - restaurants - New York


L'histoire des restaurants new-yorkais est liée... à la vie des éditeurs américains. C'est d'ailleurs à cause d'eux que le ministère de la Justice avait soupçonné les éditeurs et Apple de s'être entendus et d'avoir monté un complot autour du prix des livres numériques. Dans un restaurant. Probablement entre la poire et le fromage... 

 

 

King Eddie's Restaurant, 1954

Bon, alors, ce contrat d'agence....

Seattle Municipal Archives, CC BY 2.0

 

 

En avril 2012, le ministère de la Justice, très sérieusement, s'interrogeait sur les endroits où Apple avait bien pu déjeuner au cours des dernières années. Et la Justice, aveugle comme on le sait, entendait démontrer cette entente en parvenant à prouver que la firme avait envoyé des messagers dans les restaurants new-yorkais, où ils auraient rencontré les cadres de l'édition.

 

Le tout pour mettre en place leur entente et le contrat d'agence. Sur un coin de nappe, c'est évident. 

 

Eh bien, voilà que nous y replongeons : Larry Buterman, avocat du DoJ, explique qu'Eddy Cue, vice-président des logiciels Apple et John Sargent, PDG de Macmillan, étaient présents pour un dîner, qui s'est déroulé à Manhattan. CNN rapporte en effet que ce repas, le 20 janvier 2010, était une réunion au sommet : outre les deux hommes, on trouvait deux autres personnes d'Apple et une de Macmillan.

 

Une fois encore, pour le DoJ pense que les intéressés se mettront à table après leurs balthazars. Le genre de preuves indirectes auxquelles le DoJ se retrouve acculé pour tenter de démontrer l'existence d'un complot. Il est vrai que déjeuner avec un client est un signe manifeste de complot. Si l'on ajoute les interventions de Russell Grandinetti, président contenus Kindle, qui témoigne que tout partait d'Apple, on se dit que la digestion sera compliquée. 

 

Surtout que, quelque temps après ce dîner, Sargent avait eu rendez-vous avec Grandinetti, et lui avait fait part d'une possible évolution vers le contrat d'agence, avec un pourcentage pour le vendeur. Une approche que l'éditeur allait mettre en place avec un revendeur, encore très mystérieux : « Sur la base de tout ce que nous avions entendu et lu, il était clair pour moi qu'il parlait d'Apple. »

 

Et le lendemain, non seulement l'idée de ce nouveau contrat est opérationnelle chez Macmillan, mais surtout, Sargent appelle Grandinetti pour lui expliquer que la maison ne pourra pas continuer de traiter avec Amazon sur les mêmes bases contractuelles. Et voilà qu'il propose également le contrat d'agence. Selon Buterman, c'est au cours du fameux dîner que Cue aurait convaincu Sargent de faire cesser la vente de gros avec Amazon. 

 

Reste une chose essentielle : est-il vrai que les convives ont pris deux cafés ?


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