Decathlon se fait incendier : au moins sur un terrain de foot, on n'a pas besoin de livres

Nicolas Gary - 24.08.2016

Zone 51 - Insolite - Decathlon Italie football - sportifs lecture livres - football livres enfants


En Italie, ON NE PLAISANTE PAS AVEC LE FOOTBALL. C’est presque aussi risqué que de faire des blagues sur la famille. Ou les pizzas. Moralité, quand Decathlon Italia décide de lancer une campagne de publicité, il ne faut pas deux jours pour que les internautes attaquent à boulets rouges. Est-il vraiment inconcevable que culture et sport puissent être conciliés ?

 

Frank Ribery

(Domaine public)

 

 

La promotion sur les réseaux sociaux portait un hashtag, avec un jeune garçon jouant au foot, ballon au pied. Et pour justifier d’être en habits de pousse-citrouilles, le préado semble dire : « Je fais (du foot, je m’entraîne) parce que sur ce terrain, les livres ne servent à rien. » (Lo Faccio Perché in campo non servono libri.)

 

On avait prévenu, pas de blagues sur le foot... Et pointée du doigt, la campagne est rapidement épinglée, violemment. 

 

 

 

Au point que même le président de l’Association des libraires italiens va y aller de son petit commentaire. « Dans un pays où moins de la moitié de la population ne lit pas même un livre par an, il semble totalement insensé et irresponsable de diffuser des messages qui identifient l’activité sportive, qui est sacro-sainte, comme un moyen d’échapper au livre et à la lecture », indique Albert Galla.

 

Un crime sans victime ? Mais une campagne qui devient virale, et pas sans conséquence. Et depuis Verone, où le fameux panneau publicitaire présente cet affichage, les responsables de la communication ne font pas les malins.

 

Réaction quasi immédiate de la firme, qui assure être à l’écoute de ses clients, et fait amende honorable, retournant penaud, et la queue (de billard) entre les jambes, à ses rayons. « Une enseignante nous a écrit : “Il n’existe pas de contradiction entre le sport et la culture.” Et elle a raison : le sport s’ajoute à la lecture pour la croissance des enfants. La publicité qui a émis des doutes sur cela a donc été supprimée. » 

 

Évidemment, on peut aussi envisager que la réaction est disproportionnée, et qu’à tout prendre, le livre n’est pas plus sacré qu’une autre activité sportive, ou n’est pas spécifiquement intouchable. Parce que, bien entendu, l’intention n’était pas d’opposer lecture et football, mais plutôt de mettre en avant la note ludique – le football comme évasion, le sport et ses valeurs. Etc.

 

Sauf que nombre de footeux ont véhiculé, malgré eux, une image d’analphabètes et que l'idée n'était certainement pas la meilleure... Heureusement, on trouve des contre-exemples, comme Hatem Ben Arfa, et d'autres...

 

Voilà, voilà...

 

 

 

via Il Libraio, Il fatto quotidiano