Des auteurs forcés d'enchérir pour toucher leurs royalties

Clément Solym - 22.03.2012

Zone 51 - Insolite - Éditions Place Stanislas - Lorraine - droits d'auteur


Une situation malheureuse s'est transformée en un paradoxe plutôt ironique pour les auteurs lorrains et alsaciens publiés par les Éditions Place Stanislas. Depuis le décès du gérant de la maison à la mi-2011, 40 000 à 50 000 livres dorment dans des entrepôts, en attendant leur mise aux enchères. Si les créanciers ont toutes les chances d'être payés, au moins en partie, les droits d'auteur semblent bel et bien compromis.

 

Deux mauvaises nouvelles pour les auteurs régionaux publiés par les éditions Place Stanislas, en plein coeur de l'été : d'abord, le décès de Michel de Paepe, créateur de la maison basée Place Carrière, à deux pas de la « plus belle place d'Europe », au milieu de laquelle trône la statue de Stanislas Leszczyński (à vos souhaits). Mais aussi la liquidation de la maison d'édition, et donc la vente aux enchères de leurs ouvrages.

 

Stanislas, le doigt dans les rouages du droit d'auteur ? (source : Wikipedia)

 

 

« Nous avons simplement été prévenus par un courrier très sec et méprisant que nos contrats étaient rompus. J'ai écrit au liquidateur, mais je n'ai jamais eu de réponse. C'est très cavalier » confie l'auteure Élise Fischer au journal La Semaine. Surtout que les droits d'auteur n'ont pas été versés aux écrivains depuis le décès de leur éditeur. La vente aux enchères aurait pu couvrir une partie des frais, mais les auteurs lésés n'y croient pas vraiment : « L'argent récolté va servir à payer les créanciers. Je doute que les auteurs soient en haut de la liste » note Gino Tognolli, auteur de La Lorraine des grands-parents.

 

Romain Sancesario, l'huissier de justice responsable de la vente aux enchères, est pour l'instant incapable de préciser le nombre de livres mis en vente : des imprimeurs, notamment un basé en Italie, font pression pour récupérer les exemplaires sortis de leurs presses. Et des palettes affluent encore de toute la Lorraine. « Les auteurs auront un droit de préemption au moment de la vente. Ce qui implique de vendre donc par auteur et par titre. Ça impose une très grosse préparation » explique l'huissier : en somme, les auteurs auront le droit d'acheter leurs propres ouvrages. Mais c'est vraisemblablement le seul « droit d'auteur » qu'ils toucheront.