Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Design Renaissance : la roue à manuscrits d'Agostino Ramelli

Julien Helmlinger - 01.03.2013

Zone 51 - Insolite - Roue à livres - Invention - Renaissance


C'est au cours du 16e siècle que l'influent ingénieur militaire italien, Agostino Ramelli, a publié les plans et croquis de ses 195 innovations technologiques à la mode de la Renaissance. Alors que faisaient rage les guerres d'Italie, l'homme s'était spécialisé dans le génie, en livrant bon nombre d'appareils destinés à la collecte d'eau, ponts fortifiés et autres. Mais l'invention qui a attiré l'attention de Melville House, n'est autre que la roue à livres, couchée sur le parchemin au cours de l'année 1587.

 

 

 

 

Le concept en est resté au stade de croquis, et n'a jamais été fabriqué du vivant de son inventeur, ni même ultérieurement en bois comme dans la version décrite. La roue constituait pourtant aux yeux de son concepteur le moyen idéal pour les érudits qui auraient besoin de passer d'un manuscrit à un autre au cours de leurs travaux.

 

Elle aurait pu permettre de changer de livre par simple effet de rotation, sans avoir à soulever les lourds ouvrages, en garder plusieurs ouverts simultanément, et ce en économisant un temps précieux dans les recherches.

 

Un navigateur avant l'heure en somme et prédecesseur des liens hypertexte, que l'Italien décrivait lui-même en ces termes : « C'est une belle et ingénieuse machine, très utile et pratique pour tous ceux qui prennent plaisir à l'étude, en particulier ceux qui sont indisposés et tourmenté par la goutte. Car avec cette machine un homme peut voir et tourner à travers un grand nombre de livres sans se déplacer. En outre, elle possède une autre commodité en ce sens qu'elle occupe très peu d'espace à l'endroit où elle est installée, comme tous ceux d'intelligence peuvent clairement le voir sur le dessin. »

 

Plus récemment, d'autres artistes se sont pris au jeu de la conception de roues à livres. Notamment une équipe d'étudiants sous la houlette de Daniel Libeskind, en 1986, qui avait tenté l'expérience avant de se rendre compte que leur machine n'était pas fonctionelle, et que celle-ci soit réduite en cendres par une bombe incendiaire.

 

Léa Lagasse, dans le cadre d'un spectacle intitulé The Awaken Dreamer, a monté une roue similaire en contreplaqué. Tandis qu'était exposée l'an passé au cours du Edinburgh Arts Festival une autre mouture avec des écrans à la place des livres... la roue tourne.