Dramaturgie de la réforme des retraites : Rousseau dans la rue

Clément Solym - 19.10.2010

Zone 51 - Insolite - rousseau - hugo - reforme


Le gouvernement et son premier ministre, autant que le président de notre plateau de fromages de pays ont beau comprendre « l'inquiétude » ou encore assurer que l'on a le droit de s'exprimer, cette réforme des retraites fait mal. Très mal. Surtout à l'image déjà plus très bonne.

Surtout quand un Fillon explique que personne « n'a le droit de prendre en otage un pays tout entier ». On lui rétorquerait volontiers avec quelques noms d'oiseaux rares en plus que la politique actuelle agit précisément de la sorte, mais ce serait bien moins poétique que l'initiative des comédiens appartenant à la troupe d'Ariane Mouchkine.


En effet, une nouvelle fois, le Théâtre du Soleil, l'une des troupes du théâtre de la Cartoucherie, était dans la rue aujourd'hui, brandissant bien haut une gigantesque marionnette entièrement vêtue de blanc. Et pour accompagner cette spectrale vision, les comédiens, qui ont investi cette poupée géante d'un symbole de justice, ont puisé dans les textes des grands auteurs de quoi affirmer leur contestation.

Une opposition soutenue par « tous les autres citoyens indignés par l'injustice », et qui étaient représentés par des banderoles où se côtoyaient Shakespeare, Rousseau ou encore Hugo. Même Pascal, Blaise, le philosophe, pourtant peu enclin aux bains de foule était présent.

Des citations, rapporte l'AFP, parmi lesquelles

« On a de tout avec de l'argent, hormis des moeurs et des citoyens » (Rousseau, Discours sur les Sciences et les Arts)

« La force sans la justice est tyrannique » (Pascal, Pensées)

« Triste spectacle public
On ne songe plus qu'à soi
Les dignités, les places, l'argent
On prend tout, on veut tout, on pille tout
On ne vit plus que par l'ambition et la cupidité
» (Hugo, Ruy Blas)

Ou encore :

« À présent des révoltes incessantes lui reprochent ses parjures.
Ceux qu'il commande n'agissent que sur commande. Rien par amour.
Et maintenant il sent son titre qui pend, flasque, sur lui
Comme la robe d'un géant sur un faussaire nain
» (Shakespeare, Macbeth)


Crédit photo Blog Le Monde



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