Drinkable Book : filtrer les bactéries avec des nanoparticules d'argent

Nicolas Gary - 11.05.2014

Zone 51 - Insolite - filtrer l'eau - eau potable - pays d'Afrique


Sur la surface du globe, 3,4 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la qualité de l'eau - ou plutôt, à son absence de qualité. Un chiffre considérable, et d'autant plus inquiétant que les victimes ignorent combien l'eau qu'elles consomment peut être contaminée. Pour tenter de renverser la tendance, les chercheurs de Carnegie Mellon et de l'université de Virginie ont développé le Drinkable Book. 

 

 

Chaque page du livre peut être détachée pour se changer en filtre

 

 

Le titre que coûte que quelques cents à produire, et apprend les bases de la préservation de la qualité de l'eau. Il prodigue sur chaque page des conseils, parfois étonnants d'évidence, comme de mettre les excréments et les déchets loin des sources d'eau. Mais surtout, il peut servir de filtre pour tuer les bactéries mortelles contenues dans l'H2O. 

 

The Drinkable Book agit donc comme une sorte de filtre à café, avec la capacité de contenir plus de 99 % des bactéries trouvées dans l'eau. Une qualité, une fois filtrée, qui serait alors équivalente à l'eau du robinet que l'on peut trouver aux États-Unis. Thérèse Dankovich, doctorante à l'université de McGill s'est inspirée des travaux de Brian Gartside, chercheur ayant découvert les capacités de filtrage du papier imprégné de nano-argent. 

 

Les pages sont recouvertes de nanoparticules d'argent, dont les ions permettent de tuer des maladies comme le choléra, la typhoïde ou la célèbre bactérie e-scoli. « Ce papier-filtre va révolutionner la purification de l'eau. Chaque filtre peut donner accès à 30 jours d'eau potable, et on en trouve suffisamment dans l'ouvrage pour tenir durant quatre années » assure l'organisation Water is Life.

 

Le problème, non évoqué par l'organisation, est que le nano-argent présenterait un potentiel toxique pour l'homme et l'environnement, et que les risques sanitaires ont déjà été soulevés en Europe. Son utilisation va croissant, et la Commission européenne a demandé des enquêtes poussées sur la question.

 

Les premiers exemplaires ont été imprimés en anglais et en swahili - groupe de langues de l'Afrique de l'Est, et seront expédiés prochainement pour le Kenya. Le projet de Water is Life est de parvenir à proposer son ouvrage dans 33 pays et de parvenir à diminuer plus encore le coût de production.