Du plagiat à la mémoire sélective : la cryptomnésie excuserait tout ?

Clément Solym - 15.01.2009

Zone 51 - Insolite - plagiat - involontaire - mémoire


Le roman sur cette histoire d'amour vécue durant l'Holocauste, où un prisonnier de camp nazi rencontrait une jeune femme a fait scandale. Vaste invention, présentée comme une histoire vraie, l'auteur a finalement réussi à trouver grâce auprès d'un autre éditeur, qui le publie sous sa forme originelle, celle d'un roman.

Autre exemple en date, et tout aussi proche, celui de l'auteur de Conversation avec Dieu, qui a avoué récemment un plagiat involontaire d'un texte écrit par une certaine Mme Chand, et qui était un petit conte de Noël. Rappel des faits : les enfants d'une chorale tiennent dans leurs mains les lettres qui forment la phrase Love Christmas, mais un étourdi renverse le M, ce qui donne Love Christ Was... Émouvant.

Dans cette affaire, finalement Neale Walsh aura tout de même eu le beau rôle, puisque le site sur lequel a été publié a recueilli les commentaires des utilisateurs qui ont littéralement supplié Neale de ne pas quitter le blog... Massivement, ils ont accepté ses excuses et même cette justification assez étonnante, dans laquelle Neale invoque un phénomène de cryptomnésie...

Authentique processus, ou du moins défini comme tel par la psychologie, il procéderait comme suit : des souvenirs perdus sont soudainement remis à l'avant de la conscience, dans l'émergence d'une force créatrice, et la victime (hem...) est alors convaincue que l'idée lui est propre, personnelle et originale. Exactement ce que Neale invoque...

Ce plagiat involontaire, comme il l'avait alors décrit ne fait ni chaud ni froid à la véritable victime, dont on avait remis en cause la possession des droits du texte. « C'est comme si avec ma main, et considérant que votre Rolex est superbe, je la prenais et la mettais dans mon sac. En guise d'excuses, je pourrais toujours dire que je ne sais pas quoi dire, que oui, c'est la vôtre, et que je suis déconcerté par ce que ma main a fait. »