Du temps perdu ou à perdre ? Sarkozy lit Proust grâce au Figaro

Clément Solym - 19.09.2009

Zone 51 - Insolite - temps - perdu - Sarkozy


On ignore comment le livre publié dans la collection de Jean d'Ormesson, Bibiliothèque du Figaro, est tombé dans les mains du président de la République et plus encore comment ce dernier va se débattre avec Proust, mais l'information vient, elle, de s'écrouler comme un bloc de marbre sur une mince pellicule de glace.

Que Sarkozy lise, bon... en effet, personne n'en était réellement sûr. Tout particulièrement quand le président évoque les Roujon-Macquart de Zola. Mais enfin, on ne demandait pas un président à la Obama, véritable rat de bibliothèque, même en vacances.

Personne n'a oublié ce dernier jeudi de l'ascension où sur sa page Facebook, le Petit Nicolas, qui continue son cinéma, annonçait ses dernières lectures « “Pierre et Jean” de Maupassant et “Le Lièvre de Patagonie” de Claude Lanzmann ». Tout le monde en était bouche bée, alors que la mémoire la princesse de Clèves restait encore fraîchement souillée. Fort heureusement, Christine Albanel avait vêtu son armure de chevalier, pour défendre l'honneur de la Dame.

Mais là... Le Figaro a de quoi nous clouer tous au pilori des préjugés et de la médisance, en annonçant qui plus est que Nico « poursuit sa lecture des grands classiques de la littérature française ». Sidérant. Et en feuilletant À la recherche du temps perdu de Proust, force est de reconnaître que là, le président s'attaque tout de même à quelque monument littéraire. Passablement long et pénible, le monument, mais enfin, même au Louvre, on trouve le moyen de s'ennuyer.

Rue89
note d'ailleurs avec justesse qu'en glissant cette petite mention, Bibliothèque du Figaro, le quotidien s'offre un encart publicitaire énorme. Moui... Alors autant Obama pour promouvoir la lecture, personne ne le conteste, (encore que...) autant Sarkozy pour faire vendre la collection du Figaro, on pouffe.

Au moins, pas de risque de malaise vagal cette fois-ci, même mineur, à moins que les tribulations proustiennes, entre deux tasses de thé et trois madeleines, ne saisissent le lecteur d'un sentiment soudain de nostalgie mêlée d'émouvants souvenirs.

À surveiller, tout de même.