En exclusivité, le Manifeste des nouveaux poètes

Thomas Deslogis - 28.01.2016

Zone 51 - Chez Wam - manifeste nouveaux poètes - poésie fiction - explicit poetry poets


Il fallait s'y attendre. La poésie française vivant depuis peu une révolution formelle et morale tout à fait inédite, du moins depuis un siècle, le mystère autour des actions récentes (particulièrement appréciées par Twitter) commence enfin à de désépaissir. Si l'identité des Thug poètes en question reste encore à déterminer, leur Manifeste vient d'être dévoilé. Et de quelle manière ! Depuis plus de trois jours, les internautes français ne peuvent plus accéder aux sites consacrés à la poésie contemporaine (que ce soit ceux des maisons d'éditions, des marchés et autres événements, ou encore ceux des Unions, Sociétés, groupes de poètes, etc....).

 

Au lieu du contenu habituel et, certes, souvent maigre et peu entretenu que ces sites internet nous proposaient, une photo. Une seule. Celle-ci :

 

 

 

Une illustration qui fait sens. Il s'agit d'une capture d'écran de la fameuse vidéo « 11B-X-1371 », un des plus grands mystères du net depuis plusieurs mois. On sait aujourd'hui que l'auteur de la vidéo n'est pas un psychopate/alien/terroriste mais un artiste (un certain Parker W. Wright) d'un genre aussi nouveau que fascinant, mais la filiation est claire : les poètes-pirates veulent, à l'image du flippant homme-oiseau, s'ancrer dans la technologie la conscience contemporaine. Et, bien-sûr, le visuel, l'image. L'empreinte.

 

Preuve ultime de cette nouvelle façon de faire, de ce changement radical de cap, les explicit-poets, encore une fois à la manière de Parker W. Wright, ont décidé de cacher leur manifeste dans le code du piratage des sites attaqués. Grâce au développeur d'ActuaLitté, voici, en exclusivité et recopié comme tel, le dit manifeste :

 

 

« Vous étiez dans l'erreur. Plus exactement : ceux qui se s'appellent « poètes » depuis des décennies, vous ont trompé. L'Histoire et ses trous s'occuperont d'eux.

 

La poésie n'a rien à voir avec leurs vers ridicules et leurs états d'âmes sur la métaphysique des mots.

 

Du moins pas la poésie des grands Diables, pas la poésie de Rimbaud, pas la poésie de Breton.

 

Pas la nôtre. Le futur est à réinventer. Le futur aussi.

 

La poésie est un crachat dans la gueule.

 

Un verre de trop. Au réveil : un bédo.

 

La poésie est une lutte, constante, infatigable et dure, dure comme un jugement tel que : le fascisme est encore partout. Du PS au FN, de LR à ta mère.

 

Et peut-être même Brain magazine. Peut-être.

 

La poésie est une main crispée autour des testicules de la Manif' pour tous et un doigt d'honneur bien placé, aussi appelé « olive », ou « Kanye West », en plein France Inter.

 

La poésie est EXPLICITE.

 

(Alors pourquoi cacher ce manifeste dans le code du piratage des sites les plus pourraves de tous les temps ? Parce 1 - ça attire l'attention 2 – c'est rigolo... non?)

 

La poésie est d'abord provocation. Au langage, de fait, et envers tout ce que tu sais, tout ce que tu aimes, tout ce que tu es.

 

La poésie révolte.

 

La poésie est un article de presse en flagrant délit de respiration.

 

Un rire éjaculé.

 

Ceci est un poème, une vérité, un avisé commentaire sur l'actu du jour, un manifeste. Ceci est immortel.

 

La poésie peut-elle, dans la conscience collective, renaître autrement ?

 

Réponse, Irish-Cafés plus tard : non.

 

Nous sommes en chemin. Nous sommes là. Déjà. Furieux. Ravie. Fous. Dangereux.

 

Pour qui ? »

 

 

Des commentaires... ?

 

 

 

Nous avions promis en fin d’année dernière, une grande fresque fictionnelle, pilotée par Thomas Deslogis, autour de la poésie, de la France, de l’écriture et de toutes ces choses. Quatrième épisode : après les incartades sur Twitter de la semaine passée, la poésie se cache désormais dans le giron des sites web...