medias

En se découvrant homosexuel, Forster perdit toute créativité

- 08.06.2010

Zone 51 - Insolite - forster - homosexuel - ecrire


Le romancier Edward Morgan Forster a laissé l'Angleterre perplexe durant bien des années : entre 1924 et la publication de La route des Indes et sa mort, survenue en 1970, plus rien n'avait été publié en matière de romans.

Et la solution à cette énigme vient probablement d'être exhumée, dévoile l'université de Cambridge, qui fait état d'un véritable journal intime auquel l'auteur avait largement confié ses plus secrets désirs.

Viriginité perdue... à 38 ans

En effet, vers 38 ans, EM eut une relation sexuelle avec un soldat sur une plage égyptienne, et par la suite, il rencontra un policier marié qui devint son amant. Ces expériences auront clairement été le frein de sa créativité. Une homosexualité refoulée qui l'aura contraint à ne plus écrire, et surtout une impossibilité de continuer à écrire des vies d'hétérosexuels.

Le lendemain de cette toute première relation - selon la professeure Wendy Moffat, agrégée d'anglais, EM Forster perdit littéralement sa virginité à l'âge de 38 ans - il écrivit dans son journal "losing R", pour Respectability. Et ce fut là le début de la fin.

Des prémices, trop risquées

Son premier ouvrage évoquant l'homosexualité directement, Maurice, ne parut que 18 mois après sa mort. Et pourtant, il le rédigea dans les années 10. Impossible d'assumer et moins encore de revendiquer ce choix sexuel, Forster se retrouve prisonnier de la société anglaise et arrête progressivement d'écrire, peut-on lire dans son journal. Et tenter de faire paraître Maurice aurait été le meilleur moyen de se dévoiler à la face de l'Angleterre dans laquelle l'homosexualité était encore considérée comme un crime.

Son oeuvre aura pourtant vécu, avec de multiples adaptations au cinéma de ses textes, et un foisonnement de nouvelles, mais on découvre dans ce carnet à quel point la découverte de son homosexualité aura marqué sa vie - au point d'emporter avec elle ses capacités à écrire...

Crédit image : Wikipedia