Exposition : L'art subtil de la carte de bibliothèque

Cécile Mazin - 08.10.2013

Zone 51 - Insolite - cartes de bibliothèque - mur d'affichage - souvenirs


C'est tout un art qu'a inventé la bibliothèque de Greenfield, dans le Massachusetts (États-Unis). Sur l'un des murs de l'établissement de Nahman-Watson, 128 cartes de membres dédicacées ont été soigneusement conservées sous verre. Durant quatorze années, la bibliothécaire Hope Schneider a souhaité commémorer cette époque ancienne.

 

 

 

 

 

C'est que depuis 1999, l'établissement est passé au tout numérique, et que durant les années qui ont suivi, la carte a disparu progressivement. Alors, Schneider s'est armée de sa plus belle plume, et a envoyé aux auteurs et artistes locaux leur carte, leur demandant d'apporter leur humble contribution à son projet. 

 

Après quelques années, la bibliothécaire a même décidé d'élargir son spectre de demandes. Toutes les personnalités, romanciers, poètes et politiciens qui ont eu recours aux services de l'établissement ont été sollicités pour ce mur de cartes inédit. 

 

Chacun a pu faire selon son coeur, et son envie du moment. Un auteur et illustrateur jeunesse, Eric Carle, a gribouillé un petit dessin. Certains se contentent d'une dédicace, quand d'autres ajoutent unmessage sur l'importance de la lecture. 

 

John Kerry, qui était alors simple sénateur américain, quand la demande lui fut formulée, a décliné, en préférant envoyer des photos de lui, dédicacées. Aujourd'hui secrétaire d'État, c'est une vilaine trace sur son parcours. 

 

L'auteur Wendell Berry, a été catégorique : « Je refuse de coopérer d'une quelconque façon à la destruction des catalogues de cartes, ce qui est, je pense, une erreur, une perte et une douleur. »

 

Évidemment, il ne s'agissait pas pour la bibliothécaire de choyer un passé nostalgique. Et personne ne nie les avantages que la technologie apporte dans le quotidien de l'établissement et des usagers. Mais ce n'est pas sans une certaine émotion que l'on se tourne vers ce mur de cartes anciennes - même chez les étudiants qui viennent ici pour la première fois. 

 

(via The Recorder)