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Ferdinand de Saussure : “Avec Twitter, je serai le Loïc Prigent de l'édition”

La rédaction - 13.06.2017

Zone 51 - Humour - Ferdinand de Saussure Twitter - perles édition citation - Loic Prigent édition


ENTRETIEN – Ferdinand de Saussure vient d’ouvrir un compte Twitter, et a réservé à ActuaLitté un entretien exclusif. Sa démarche, inscrite dans une approche paradigmatique stricte, nous indique-t-il. 

propos recueillis sans garantie



 

 

ActuaLitté : Monsieur de Saussure, bonjour. Alors, pourquoi Twitter ?

 

Ferdinand de Saussure : Eh bien après des années de réflexions personnelles qui ont enrichi l’humanité, j’ai décidé d’être au service des autres, et de mettre en lumière la force syntagmatique des réseaux sociaux. Si j’avais pu Twouitter à mon époque, je me serais éclaté. 

 


Force syntagmatique...?

 

Ferdinand de Saussure : Mais oui : cela fait un siècle et demi que je traîne dans le milieu du livre, et j’en ai entendu des vertes et des pas mûres. J’ai trouvé saussure à mon pied, avec Twouitteur, pour rapporter les perles qu’aujourd’hui encore, je peux endurer. 

 

Donc, ce sont des citations véritables ?

 

Ferdinand de Saussure : Qui démontrent que les âneries ne sont l’apanage de personne : depuis le dernier stagiaire au directeur général de grand groupe. Avec Twouitteur, je serai le Loïc Prigent du monde de l’édition : je vais tout balancer, moi, toutes les débilités que j'ai pu entendre ! Avec ses citations du monde de la mode, il est même parvenu à publier un livre. Alors, moi, l’inventeur de la linguistique...

 


Mais Bernard Pivot l’a déjà fait, un livre recueil de tweets...

 

Ferdinand de Saussure : Sauf que mes doses sont bien plus lourdes que celles de Nanard. Et puis, ce n’est pas pareil. D’un point de vue tant synchronique que diachronique, j’exprimerai plus sur le secteur du livre que lui avec ses remarques frivoles. Mon Manuel de linguistique à l’usage des réseaux sociaux démontrera définitivement l’arbitraire du signe linguistique.

 

Vous avez déjà le titre.

 

Ferdinand de Saussure : Oui, je crois beaucoup en ce projet. Le burlesque criant de la vérité, c’est l’axe paradigmatique essentiel où s’exprime la dérision. Et pour cela, 140 caractères, c’est plaisant comme contrainte. J’attends d’ailleurs des éditeurs des lettres de refus en 140 caractères maximum. 

 


Et ensuite ?

 

Ferdinand de Saussure : Quand j’aurai 300 millions d'abonnés, je lancerai une pétition pour que l’on change la typo de Twitter, pour la police Helvetica, c’est mon côté nationaliste. J’en ai parlé à Max, il me soutient, à donf.

 

Euh... Max Gallo ?

 

Ferdinand de Saussure : Mais non, bougre d’âne, Max Miedinger : c’est lui qui a inventé Helvetica. Sont donc niais les journalistes de cette époque...