Fillon : l'indignation gratuite n'est pas un mode de pensée

Clément Solym - 10.01.2011

Zone 51 - Insolite - fillon - stephane - hessel


Après une tripotée d'intellectuels au sens critique et à la pertinence contestables, c'est au tour du premier ministre, François Fillon, de faire valoir son opinion sur le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous.

Luc Ferry, Boris Cyrulnik ou encore Pierre Assouline avaient fait valoir combien le livre de Stéphane Hessel était mauvais, voire, pour Passou, « dégoulinant de bons sentiments, aux grands principes, aux grands idéaux et aux grandes idées qui y sont énoncées ». (notre actualitté)

Le premier ministre, pour sa part, a considéré, durant ses voeux, présentés à la presse à Matignon, que « L'indignation pour l'indignation n'est pas un mode de pensée. » Eh oui. Bon, d'un autre côté, Stéphane Hessel attaque au vitriol la politique du gouvernement, dans un ouvrage qui s'est vendu à plus de 500.000 exemplaires et a connu un tirage au final de 920.000 exemplaires. Autrement dit, un véritable best-seller.

Mais pour François Fillon, cité par l'AFP : « J'ai vu qu'un débat s'était noué autour de l'indignation. Rien ne serait en effet moins français que l'apathie et l'indifférence. » Pourtant, le résistant âgé de 93 ans, et auteur du livre ne pratique ni l'un, ni l'autre, mais au contraire, fait état d'une compassion et d'une révolte face aux grands sujets de société. Et sous la plume d'un tel homme, les Roms, les sans-papiers, le gouffre entre pauvres et riches, les marchés financiers tout-puissants deviennent autant de raison de s'indigner, plus encore.

Réponse de Fillon : « La complexité du monde actuel réclame d’abord de la lucidité, de l’exigence intellectuelle, parce que tout ne s’écrit pas en noir et blanc, mais elle réclame aussi et surtout des actes. » Et mieux encore : « En cette année préélectorale, est-ce qu’on peut souhaiter le sens de la nuance au détriment de la violence ? Est-il possible de parier sur la quête d'une vérité équilibrée, qui prétend construire plutôt que détruire ? »

Et le chef du gouvernement de piétiner donc aisément l'intention de l'auteur, en la ramenant à un mauvais caractère franco-français, dont il serait bon de se défaire, tant il est nuisible. « Peut-on espérer que la difficile tâche d’agir pour la France ne soit pas étouffée par le penchant bien plus facile de tout contester ? C’est en tout cas le voeu que je formule pour notre démocratie. »

Tout contester ? Ou appuyer là où ça fait mal ?

Qui se cotiserait pour des cours de français à l'attention de notre président, par exemple ? J'conteste pas : j'm'indiqgne !