Fuyant l'Angleterre, Tony Blair, premier ministre en cavale

Clément Solym - 30.08.2010

Zone 51 - Insolite - anglais - paix - orient


Tony Blair est sans doute encore plus critiqué maintenant que lorsqu'il était en poste. Peut-être la perte de son statut donne-t-elle des ailes à ses détracteurs. Toujours est-il que pour Tony, l'air est meilleur à l'étranger.


Alors que son livre, qui a déjà fait tant de bruit, sortira le 1er septembre, l'ex-ministre s'exile chez ses amis les Américains. L'Anglais dînera à la Maison Blanche mercredi, et prendra part aux négociations pour la paix au Moyen-Orient. L'homme qui a envoyé ses troupes guerroyer apparaît toujours comme un émissaire de paix. De quoi faire frémir l'organisation des anti-guerre, qui ont déjà une dent contre le « vicar » ( vicaire / pasteur ) comme il est appelé sur son île.

D'ailleurs, ces anti-guerre sont peut-être à l'origine du départ de l'ex homme d'État. Celui-ci avait en effet prévu une soirée de lancement pour son livre, mais les protestants ont annoncé qu'ils feraient tout pour s'y inviter. Pas le genre d'amusements auquel Tony devait penser. Après l'Amérique, Tony Blair se rendra en Irlande, terre normalement hostile pour un Anglais, mais moins que la mère patrie.


Il faut dire que là-bas, il se présente comme l'homme qui a stoppé l'activité terroriste, même si les braises en sont toujours vives. Du coup, Tony dédicacera son livre pour les Irlandais avant de la faire chez lui. Et pan dans les dents.

Un refuge, mon royaume pour un refuge

Pas sûrt que ça terrifie réellement la population de l'ile. En Angleterre, les ventes du livre sont déjà revues à la baisse. Quoique l'homme fasse, il est accueilli avec sarcasme par la presse. Il annonce une séance de dédicaces : les anti-guerre lancent un boycott, et mettent sa tête à prix. La presse rappelle ses gains vertigineux depuis qu'il a quitté le poste. Il annonce verser les gains qu'il tirera du livre à une association de réinsertion de blessés de guerre (sens-tu un air de culpabilité, Tony ?), la presse fusille à vue.

Aujourd'hui encore, The Independent publie un article sur les relations secrètes entre Blair et Mugabe, président zimbabwéen accusé de crime contre l'humanité. Peut être que si Tony Blair était resté tranquille dans son coin, il aurait eu une retraite paisible dans une plaine du Lancashire. A s'agiter comme un pou et à vouloir rester sur le devant de la scène, Tony s'expose aux flèches acidulées de ses compatriotes. Rose blanche Tony?