Hemingway pardonne PPDA, un vieil homme à la mer

Clément Solym - 05.01.2011

Zone 51 - Insolite - hemingway - ppda - plagiat


Contacté d'outre-tombe par la rédaction de ActuaLitté, Ernest Hemingway a tenu à commenter l'affaire dont toute la presse s'est saisie, concernant le plagiat supposé, avéré, confirmé, infirmé, de la biographie du romancier, par le journaliste PPDA.

Allez, cher Patrick, cette bévue, je vous la pardonne... Moi aussi de mon temps, j'ai pioché dans les textes de John Donne, contemporain de Shakespeare pour le titre de mes romans. Eh oui, cher PPDA, For Whom the Bell Tolls, dont on dit qu'il est l'un de mes meilleurs livres... Eh bien, voilà, oui, je le confesse, je l'ai emprunté à Meditation 17 de John. « Any man’s death diminishes me, beacause I am involved in Mankind; And therefore never send know for whom the bell tolls; It tolls for thee. »

Alors, bon, le plagiat, vous savez ce qu'en disaient les uns et les autres... Prenez donc Einstein en exemple : « Le secret de la créativité est de cacher ses sources. » Or, dans votre position, monsieur, il me semble que c'est une bouée qui vous manque, pour ne pas prendre la mer, ni le large...

Mais votre affaire, c'est tout de même un peu plus embêtant... Parce que 100 pages sur 400 reprises à un autre, c'est un peu beaucoup. D'autant que les justifications de votre éditeur, cher confrère, c'est un peu gros... Dire que « le texte imprimé, qui a été diffusé par erreur à la presse en décembre, était une version de travail provisoire. Elle ne correspond pas à la version définitive validée par l’auteur, dont la commercialisation en librairie est prévue fin janvier », c'est un peu gros.

Et surtout, Christophe Barbier, auteur de l'article à charge ne vous a pas raté, hier sur C @ Vous, sur France 5. C'est l'ouvrage définitif qu'il assurait avoir reçu, avec votre propre dédicace, en décembre. Et vos confrères journalistes ne vous ont pas non plus manqué. J'ai lu dans Libération cela : « Nul doute que le 19 janvier, date à laquelle Arthaud a maintenu la livraison du livre, les volontaires ne manqueront pas pour vérifier si les similitudes ont bien disparu de la version validée par l'auteur. »

Quel manque de sérieux ! Parce qu'en effet, si mes souvenirs sont bons, l'auteur de tout livre n'est-il pas censé remettre, contractuellement, à son éditeur, un manuscrit qu'il estime publiable ? Qu'est-ce à dire, votre éditeur annonce une version pour la presse, non validée par vos soins, mon cher ? On en comprendrait presque que c'est votre éditrice, voire un tiers - allons ! - qui aurait écrit ladite version ?

Voire pire, horribile auditu, que vous n'auriez pas vous-même rédigé le texte en question ?

« Elle ne correspond pas à la version définitive validée par l’auteur, dont la commercialisation en librairie est prévue fin janvier. » Dites-moi : le livre devait sortir le 19 janvier, fut envoyé début décembre à la presse, dans sa version finale, et vous ne l'aviez pas relu ?

Pardonne ma franchise, mon vieux, mais... cela sent le nègre, ou je ne m'y connais pas !


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