Interpellation pour manque de lecture, nouveau délit dans le Delaware

Antoine Oury - 13.05.2014

Zone 51 - Insolite - Delaware - police - distribution de livres


Depuis l'été dernier, les policiers du Delaware sont forcés de réagir à une nouvelle vague de délit : la carence en lecture. Un mal qui s'est propagé à une vitesse éclair en quelques années, et contre lequel la lutte s'organise, à base de livres donnés et de patrouilles de quartier. En quelques mois, les officiers auraient distribué près de 6000 livres. 

 


 

 

La ville de Wilmington est protégée par une troupe d'agents de police qui, à force d'interventions à domicile, ont remarqué que l'absence de livres favorisait les crimes, délits et autres problèmes de voisinage. Le caporal en chef Gary Tabor a alors mobilisé toute son équipe pour leur proposer de mettre en place un réseau de distribution de livres, avec réquisition des véhicules de patrouille comprise.

 

Sans le savoir, en refilant leurs propres vieux livres pour enfants, les policiers ont lancé l'opération « Book 'Em Cops and Kids Literacy Initiative », et bénéficient maintenant du soutien de toute la communauté, qui leur offre régulièrement des livres à transmettre aux enfants des quartiers. « Même si les parents ne s'en mêlent pas, les enfants ont au moins un livre chez eux, pour s'entraîner et reproduire ce qu'ils ont fait à l'école avec le professeur », se félicite le caporal Tabor, 17 ans d'ancienneté.

 

Dès lors qu'une voiture de patrouille renferme une caisse de livres à l'arrière, ou dans le coffre, un drapeau bleu est dressé sur le devant du véhicule. Toutefois, les agents sont formels : ils restent des représentants de la loi, et peuvent à tout moment intervenir. Le chef de la police, Bobby L. Cummings, n'en revient pas : « Ce programme continue de créer des liens très forts dans le voisinage, et aide à installer une relation de confiance avec la communauté », explique-t-il.

 

Les adultes eux-mêmes semblent plus apaisés, même lorsque les agents ne sont pas dans les parages. Si la solution n'est pas miracle, évidemment, les habitants connaissent au moins leurs agents, souligne « l'officier Gary », comme l'appellent les enfants. 

 

Avec le temps, les forces de l'ordre se sont même changé en bibliothécaires, et n'hésitent pas à noter les demandes des enfants en matière de lecture, pour leur apporter le livre de leur choix, ou ceux qui s'en approchent...

 

Et si, contre le djihad, les livres étaient la solution miracle de Valls ?