Intertextualité : Macé-Scaron, après l'auteur, le journaliste

Clément Solym - 06.09.2011

Zone 51 - Insolite - plagiat - articles - mace


Ah, là, il faut reconnaître que les journalistes de l'Express ont mis le doigt où ça commence à faire très mal. Non seulement l'auteur de Ticket d'entrée serait un adepte de l'intertextualité, mais il pratiquerait également l'emprunt auprès de ses collaborateurs journalistes.

Ainsi, plusieurs journalistes ont pu avoir le plaisir de découvrir que leurs critiques d'ouvrages, ou autres articles littéraires avaient servi d'inspiration intertextuelle à l'intéressé.

Ainsi, dans le Marianne du 8 juillet 2006, un article intitulé Catule, le Rimbaud de Vérone aurait tout simplement repris un joli paragraphe écrit originellement par Laurence Liban, deux ans auparavant, dans Lire. (voir L'Express)

Delphine Peras, également journaliste, aura été victime de l'intertextualité sauvagement pratiquée de JMS. Et nos confrères de pointer une série de coïncidences textuelles similaires, dans lesquelles on prend le patron du Magazine littéraire la main dans le pot à cookies.

D'autres journaux ont pu faire les frais de l'innutrition macé-scaronienne. Or, selon nos propres informations, il semblerait que JMS soit coutumier de la chose : des journalistes du Magazine littéraire ont pu nous confier qu'ils étaient exaspérés de retrouver, parfois, leur propre prose... signée de la main de JMS, dans Marianne, sans que rien ni personne ne soit remercié, ni cité, évidemment. Et pas des extraits relevant du droit de courte citation...

Or, si l'auteur, en tant que créateur, pourrait arriver à faire gober la question intertextuelle, comme source d'inspiration, de rédaction et de création, le journaliste, intrinsèquement, est tout de même sommé de donner ses sources. À moins que ces oublis n'aient eu pour vocation de les protéger... du droit d'auteur ?

Ésope à la rescousse

Dernièrement, JMS avait répondu aux accusations de plagiat, en citant les classiques : « On a tous appris en classe les fables de La Fontaine, enfin j'espère. Si vous prenez une fable de La Fontaine et vous prenez une fable d'Ésope à côté, on a l'impression que c'est du copier-coller. » Et d'ajouter que dans cette époque où trop de livres sortent, les gens n'ont plus les références nécessaires pour comprendre les allusions et clins d'oeil faits dans ses livres. (voir notre actualitté)

De là à demander que l'on se souvienne d'articles publiés voilà des années, c'est pousser un peu loin le bouchon intertextuel...