John Fante confondu avec Stephen Spender : suite de l'#EpicFail

Nicolas Gary - 14.11.2014

Zone 51 - Insolite - John Fante - éditeur italien - Paris Match


Ce sont les petites erreurs qui font les grands fous rires. La maison d'édition italienne Einaudi avait communiqué, via Twitter, qu'elle s'était gentiment plantée dans la couverture de l'un de ses livres. Ce dernier, réunissant des lettres de John Fante, affichait en réalité le visage de Stephen Spender. La boulette officiellement reconnue, il ne restait plus qu'à faire preuve d'un peu d'humour, et promettre que l'on remédierait au problème prochainement. Oui, mais....

 

 

La couverture boulette 

 

 

Mais Guy Birenbaum, avec un œil aiguisé sur l'actu, s'est emparé du sujet, curieux de savoir comment une pareille erreur avait pu arriver. C'est que Einaudi, comme il le souligne dans sa chronique sur France Info, est le premier éditeur à avoir traduit Proust, et que l‘on retrouve dans son catalogue des stars telles que Primo Levi, Samuel Beckett ou Patrick Modiano, le prix Nobel français de littérature 2014.

 

« L'information m'a étonné, et j'ai simplement cherché à comprendre », explique le journaliste à ActuaLitté. « Alors j'ai commencé par le plus évident : faire une recherche sur Google images, parce que je ne connaissais pas du tout le poète confondu avec Fante. » Or, dans la section Images de Google, une recherche lancée avec John Fante fait apparaître, nom de nom, en seconde réponse... la photo de Stephen Spender.

 

Et comme Guy Birenbaum l'explique ensuite dans sa chronique, la piste est facile à remonter : la photo de Spender est en réalité issue d'un article de Paris Mach, daté du 31 juillet 2013... consacré à John Fante. Les métadonnées liées à l'image font bel et bien état de « John-Fante-les-retrouvailles_article_landscape_pm_v8.jpg », et le référencement a fait le reste.

 

 

 

 

On aurait pu s'arrêter là, et imaginer que l'affaire était résolue, mais en réalité, sauf qu'elle se prolonge un peu. Si l'on demande en effet à Google d'identifier l'image – qui date de 1934, et que l'on retrouve dans la National Portrait Gallery –, il s'avère qu'avant Paris Match, d'autres sites ont fait la même boulette. Dès 2012, un blog, La Trempe, commet l'erreur, et dans un article du 29 avril, emploie la photo de Spender. Un autre site, espagnol cette fois, l'utilisait déjà dans un papier du 13 décembre 2010, etc. 

 

Qu'une erreur se répète, sur la toile, voilà qui n'a rien d'inattendu ni d'exceptionnel, et que le référencement de l'image entretienne la confusion, tout cela est finalement assez anecdotique. « Sauf que la deuxième réponse sur Google images, est bel et bien celle associée à l'article de Paris Match », sourit Guy Birenbaum. Nous ne sommes pas encore parvenus à joindre Gilles Martin-Chauffier, auteur de l'article de Match, pour avoir le fin mot de l'histoire.