John Green, parangon de l'auteur connecté

Clément Solym - 08.02.2012

Zone 51 - Insolite - John Green - YouTube - marketing viral


John Green. Le nom ne vous dit rien ? Les premières lignes de sa page Wikipedia le présentent comme un auteur américain de fiction, n°1 des ventes jeunesse pour janvier 2012 d'après la liste des best-sellers établie par le New York Times. Mais aussi comme un « vlogger » réputé : un video blogger, quelqu'un qui poste des vidéos sur YouTube, en fait.

 

Et quel genre de vidéos ? Pas ses dernières vacances, mais plutôt de courtes séquences de monologues face caméra, de trips gentiment débiles ou de discussions avec son frère (Hank, fondateur de VidCon et d'Ecogeek.org). Et si tout ça ne paye pas de mine au premier abord, sachez que la chaîne du duo, vlogbrothers, totalise 197 771 497 vues sur YouTube, pour 933 vidéos postées. « Autant de nerds ne peuvent pas avoir tort » fanfaronnent-ils sur leur page d'accueil. 

 

 

 

John Green écrit des livres pour la jeunesse, donc. En plus de son hyperactivité de vidéaste. Son dernier ouvrage en date, The Fault in Our Stars, a ravi les chères têtes blondes américaines qui se sont empressés de « liker » leur auteur favori aussi bien sur les réseaux sociaux et la plate-forme de vidéo YouTube que sur Amazon, où il a reçu 363 notations « cinq étoiles ».

 

Un comportement de fan ultime devenu depuis quelques mois déjà la préoccupation principale des maisons d'édition, qui en ont fait le centre d'une stratégie commerciale poétiquement nommée « marketing viral ». Un nouveau genre de marketing, moins coûteux et plus créatif, donc moins prévisible, accessible même aux petits auteurs. (voir notre actualitté) « Je suis quelqu'un de très introverti. Rien ne pourra jamais changer ça. Mais j'écris des livres pour adolescents parce que c'est un vrai privilège que de faire partie de ce qui importe pour eux. Et, pour moi, cette présence doit s'étendre au-delà du monde des livres parce que leurs vies d'adolescents ne sont pas limitées au monde des livres » note avec désinvolture le jeune auteur, égérie des Nerdfighters (le nom de groupe de ses fans).

 

On comprendra pourquoi ces malades de la vidéo font baver les éditeurs à l'heure où la création d'une communauté est devenue un enjeu commercial : la trajectoire de best-seller de The Fault in Our Stars est démultipliée par l'hyperactivité de son auteur sur le Web, qui se rapproche, même virtuellement, de ses lecteurs.

 

Le sujet du roman appelait de toute façon ce genre de communautarisme :  il semble plus facile de rassembler des adolescents autour d'une histoire d'amour entre un jeune homme et une jeune femme atteinte d'un cancer en phase terminale, qu'autour du portrait d'un fieffé salopard. Cependant, on trouve parmi les fans de Green aussi bien des prépubères que des quadras : en tout cas, tous pourront bientôt aller acheter leur place de cinéma pour l'adaptation du bouquin, produite par la Fox et les responsables de la série Twilight...

 

Mais on s'arrêtera là avant de se faire traiter de snobs.




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