John le Carré : Hommes politiques et espions, jeu de dupes

Clément Solym - 15.06.2013

Zone 51 - Insolite - John Le Carré - hommes politiques - services d'espionnage


Depuis les révélations d'Edward Snowden, auteur des fuites expliquant comment l'administration américaine, au travers du programme PRISM, surveille le pays, les réactions n'ont pas manqué. L'une des plus intéressantes, aura été de découvrir que les États-Unis se sont passionnés pour le livre de George Orwell, 1984 : suite aux révélations, les ventes du livre ont sérieusement grimpé. Plus de 6000 % de croissance. Fameux.

 

 

The Honourable Schoolboy

ChodHound, CC BY-SA 2.0

 

 

Le romancier britannique John Le Carré, avant de se mettre à écrire, s'appelait David John Moore Cornwell et travaillait pour les agences de renseignements britanniques, MI5 et MI6, entre 1950 et 1960. Auteur, il fit du roman d'espionnage son gagne-pain, bien qu'à la fin de la Guerre Froide, il parvint à trouver des sources d'inspiration plus vastes. Il n'en reste pas moins qu'en la matière, c'est une sacrée référence. 

 

Or, dans les colonnes du Guardian, Le Carré vient de publier une tribune pour demander aux politiques de mettre un terme à l'influence des espions, devenue, selon lui, bien trop importante. Cinglante tribune.

 

Il dénonce deux dérives qui aujourd'hui pourrissent l'action politique : « L'influence disproportionnée de la communauté de renseignements américaine et britannique sur nos institutions démocratiques, et l'impérieuse nécessité de de nos institutions politiques respectives d'importer un style Bush-like en Grande-Bretagne. » Voilà pourquoi la CIA est devenue un acteur intervenant à tout-va, avec, sans trop de scrupules, une ingérence assumée. 

 

Et si l'on connaît bien des choses sur les défaillances des politiques, celles des services secrets sont protégées par une Chappe de plomb. Sauf qu'il est impensable que ces organisations ne soient pas, elles aussi, humaines, donc faillibles. Mais dans ce cas, comment est-il possible que l'on protège à ce point leurs actions ? Probablement parce que les espions sont devenus les conseillers des politiques, et non plus leurs yeux et oreilles dans les différentes parties du monde. 

 

Dans un procès de haute volée, explique Le Carré, les services d'espionnage fournissent tout à la fois les informations aux avocats, les témoins à la barre et les preuves - voire, qui sait, les conclusions probablement. 

 

Assez longue, mais très fournie, la tribune est à découvrir à cette adresse.