L'ADN d'animaux pour dater les manuscrits anciens

Clément Solym - 21.01.2009

Zone 51 - Insolite - ADN - animal - datation


La technologie permet de faire des progrès considérables pour la numérisation de manuscrits anciens, pour preuve, l'utilisation de CAPTCHA, cet outil qui permet, par exemple de valider une modification apportée à un article de Wikipedia, quand on n'est pas inscrit, ou de se prémunir contre le spam, dans d'autres cas.

Toujours dans le domaine des livres anciens, des universitaires américains, et accessoirement frères, Timothy et Michael Stinson, l'un professeur d'anglais, l'autre professeur de biologie se sont penchés sur l'ADN animal contenu dans les textes médiévaux. Si, si : les couvertures en cuir tanné de bovins ou d'ovins, par exemple. Et les progrès accomplis dans le domaine génétique profiteraient à la datation de ces livres.

Les frères Stinson ont alors constitué une base génétique de données, qui servira de référence pour des milliers de manuscrits non datés. L'idée est de confronter la base aux prélèvements effectués sur ces ouvrages, et d'identifier des similitudes pour parvenir à non seulement une localisation temporelle, mais également spatiale. Chaque texte disposerait donc d'un patrimoine génétique, au sens propre.

C'est la frustration de Timothy qui l'a poussé, face aux techniques imprécises aujourd'hui employées, à chercher de nouvelles approches pour parvenir à des datations plus efficaces. Et là, fiat lux, comme on dit au Vatican, l'ADN contenu dans ces manuscrits lui est apparu comme providentiel. Une expérience menée sur un livre du XVe siècle s'est avérée concluante et la prochaine étape sera de parvenir à des résultats probants, en prélevant le moins possible d'échantillon, pour ne pas défigurer le livre.

On pourrait tout aussi bien dresser une carte géographique des relations commerciales tissées autour de la vente de peaux, qui apporterait une somme importante d'informations sur l'industrie du livre au Moyen Âge. Les conclusions de leurs travaux seront rendues publiques le 23 janvier à l'occasion d'un colloque, à New York, de la Bibliographical Society of America.