L'impuissance guette James Bond, véritable alcoolique

Nicolas Gary - 13.12.2013

Zone 51 - Insolite - James Bond - cocktail - Vesper


On ne cesse de voir l'agent 007 enfiler les cocktails, et plus spécifiquement le Vespa, ou Vesper Martini Dry contenant vodka, gin et lillet blanc. Il lui donnera ce nom en référence à l'agent Vesper Lynd, parce qu'« une fois que l'on y a goûté, c'est la seule chose que l'on veut boire ». Sauf que, même quand on est au service de Sa Majesté, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. 

 

 

 

 

Ce n'est cependant pas le seul alcool que consomme James Bond, et selon une étude menée par un groupe de médecins, du Nottingham University Hospitals, ce dernier est un alcoolique fini. Dans les différents romans de Fleming, Bond avale 92 unités d'alcool par semaine (736 grammes d'alcool), soit quatre fois ce que le National Health Service recommande. Avec les risques qu'entraîne une surconsommation : maladie du foie, tremblements (gênant, quand on manipule des armes), et bien pire : l'impuissance. 

 

En réalité, l'alcool aurait dû tuer 007 avant sa cinquantième année, estiment les médecins qui publient l'étude dans le British Medical Journal. Selon leurs conclusions, les qualités physiques déployées par Bond sont « incompatibles avec l'activité physique, mentale, sexuelle pour quelqu'un qui consomme autant d'alcool ». 

 

De fait, cela reviendrait à avaler une demi-bouteille de vodka par jour - et difficile de désamorcer un conflit nucléaire mondial, avec une pareille dose de spiritueux dans le sang, estime le Dr Patrick Davies, qui a supervisé l'étude.

 

des qualités physiques "incompatibles avec l'activité physique, mentale, sexuelle pour quelqu'un qui consomme autant d'alcool" 

 

La réalité est sombre : si un homme ne devrait pas consommer plus de 21 unités d'alcool hébdomadaires, Bond explose certains tristes records. Ainsi, dans Bons baisers de Russie, il passe la barre de 50 unités en une seule journée. Cirrhose, dépression, dépendance, hypertension, tumeurs malignes, autant de maladies susceptibles d'attaquer les personnes qui boiraient comme Bond. Il serait en effet deux fois plus susceptible d'être victime d'un accident vasculaire, et 74 % de risques d'une mort prématurée. 

 

Mieux : sur les 87 journées durant lesquelles Bond vit ses aventures, il ne passe que 12 jours sans alcool - les médecins ayant pris en compte les journées d'incarcérations ou de convalescence dans les hôpitaux. Et au final, ce sont 1150 unités d'alcool ingérées. Et l'on peut se demander si le permis de tuer implique également de déroger à la règle : pas d'alcool durant le service. 

 

« Ian Fleming est mort à 56 ans, d'une maladie cardiaque, après une vie marquée par le tabac et l'alcool, en excès. Nous estimons que l'espérance de vie de Bond serait similaire », assurent les médecins. Mais la morale pourrait être sauve : « Dans Casino Royale, il boit plus de 39 unités d'alcool avant de s'engager dans une course-poursuite à grande vitesse, perdre le contrôle et passer 14 jours à l'hôpital. Nous espérons que cette leçon soit salutaire. »

 

Fleming aurait d'ailleurs pu avoir conscience de cela : dans le cocktail Vesper que Bond réclame, il précise que les ingrédients doivent être secoués, et non mélangés. Or, tout barman qui se respecte confirmera que l'on ne secoue pas les alcools, pour les mêler. Ce « shaking », un brin shocking, pourrait être une allusion aux tremblements des mains, provoquées par la surconsommation...

 

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