La corespondance d'Hemingway change de mains

Clément Solym - 11.03.2008

Zone 51 - Insolite - lettres - Hemingway - collection


Toute la correspondance du romancier est là, ou presque : plus d'une centaine de lettres, télégrammes, cartes postales s'offriront un jour peut-être au regard du visiteur. Les archives de Norman Mailer n'avaient été ouvertes au public que cette année, à titre de comparaison. Une collection que la bibliothèque de la Penn State University a acquise auprès du neveu de l'écrivain. Le montant n'a pas été dévoilé.

Dans l'une, adressée à son père, daté du 9 juin 1918, Hmingway raconte, les mots sont simples, limpides : « Tout est agréable. Demain nous montons au front. Nous avons été traités comme des rois. »

Cet ensemble fait partie des derniers mystères qui auréolent la vie de l'auteur. « C'est à partir de ces éléments qu'il a rédigé l'adieu aux armes », explique Sandra Spanier, professeure d'anglais à l'université. « Ces mots sont si spontanés que l'on a l'impression d'avoir des conversations avec leur auteur », ajoute-t-elle.

Et cette connivence, cette liberté totale de style se ressentent tout particulièrement dans certaines lettres adressées à sa soeur Madelaine. « C'est elle qui les a rassemblées, et les a ensuite offertes à Mainland, son fils. »

Pour sa part incapable d'en assumer la publication, Mainland, âgé de 69 ans, en avait pourtant exprimé le souhait, mais s'est déclaré trop vieux aujourd'hui pour se lancer dans une telle entreprise. Cette « sorte de cynisme » qui qualifie l'oeuvre de son oncle méritait cependant bien d'être éclairée par une telle collection.