La Fnac vend ses cigarettes connectées à côté du rayon lectures

Julien Helmlinger - 04.03.2014

Zone 51 - Insolite - Fnac - Merchandising - Appareils connectés


Dans l'optique de se doter d'un nouveau modèle économique, capable de surmonter les difficultés de l'impitoyable marché des biens culturels et technologiques, la Fnac opte pour une diversification que certains seront probablement tentés de juger fumeuse. A partir de ce mardi 4 mars, l'ensemble des 108 magasins que compte l'enseigne commercialisera désormais des cigarettes électroniques. Si celles-ci rejoignent les rayons dédiés aux objets connectés, ces gadgets dits intelligents ne le sont pas encore assez pour nous faire la lecture.

Lancé en septembre dernier, le rayon Fnac dédié aux objets connectés se diversifie désormais au commerce de cigarettes électroniques, suite à la signature d'un partenariat passé entre le détaillant de biens culturels et le fabricant Smokio. Des gadgets intelligents, tarifés 79,90 euros le kit, équipés d'une puce capable de renvoyer des données vers des appareils mobiles, ce qui doit permettre à leurs usagers de chiffrer rigoureusement leur consommation de liquide à fumer, certifié sans nicotine.

 

Comme l'affirme l'enseigne de distribution, celle-ci n'aurait plus les moyens de se limiter à la distribution exclusive de bouquins, de supports vidéo ou de musique. Un bilan qui résulte de la perte de vitesse des ventes de ces biens culturels, ainsi que de la montée en puissance du géant Amazon dorénavant bien installé sur ses plates-bandes commerciales.

 

Le marché de la cigarette 2.0 semble quant à lui très lucratif et aurait généré un encore vague chiffre d'affaires en 2013, estimé entre 100 et 200 millions d'euros, à travers l'Hexagone. Tandis qu'elles étaient jusqu'à lors essentiellement commercialisées par des boutiques spécialisées et sur les étals des buralistes, ces derniers, à l'activité déjà bien mise à mal par les augmentations de taxes sur le tabac et autres fuites des clients frontaliers, vont devoir faire face à une nouvelle concurrence.

 

C'est pourquoi le PDG Alexandre Bompard a annoncé un plan 2015, qui verra l'enseigne s'attachera à suivre la transition numérique du marché, tout en cherchant à répondre aux attentes d'une clientèle familiale. Un tournant qui s'est d'ores et déjà traduit par des espaces axés petit électroménager, des jeux et activités pour la jeunesse, des arts de la table, et la téléphonie mobile… créneaux qui pèseraient déjà 6 % du chiffre d'affaires de la chaîne, soit autant que la musique.

 

Le réseau de vente va également être élargi, que ce soit par l'ouverture de plus petites boutiques franchisées situées au cœur des villes, ou encore par la multiplication des points de distributions hébergés dans les gares et les aéroports. L'accent va être davantage porté sur le numérique, notamment en termes de complémentarité entre les magasins et le site web de l'enseigne, sans oublier le lancement d'une offre musicale en streaming.

 

Une transformation de modèle qui semble porter ses fruits

 

Les observateurs qui ne croient pas en cette stratégie de diversification, évoquent la possibilité d'une perte d'identité pour le groupe. Mais la firme qui a en outre réduit ses coûts de 55 millions l'année passée, estime qu'elle portera ses fruits. Si la firme s'attend à une nouvelle année difficile sur le marché, les résultats annuels de la Fnac, présentés la semaine dernière, affichaient un résultat net de 15 millions d'euros, contre 142 millions de pertes en 2012.

 

Son chiffre d'affaires est consolidé à 3,9 milliards d'euros, soit 3,8 % de moins par rapport à 2012, mais néanmoins avec le constat d'une hausse de 0,6 % de son chiffre d'affaires, ainsi qu'une amélioration de ses parts de marché, au dernier trimestre 2013.