La machine à écrire, solution russe à l'espionnage planétaire des USA

Antoine Oury - 11.07.2013

Zone 51 - Insolite - machine à écrire - Russie Snowden - Federal Protection Service


Cela a tout l'air d'une archive de la Guerre froide exhumée par Open Culture, mais il n'en est rien. Les services secrets russes (Federal Protection Service, FSO) auraient ressorti les vieilles machines à écrire, et même réalisé une commande de 20 nouvelles pièces pour rééquiper leurs services. À l'heure du programme Prism américain et des réseaux interconnectés, l'objet optimiserait la confidentialité des informations.

 

 

Typewriter

xlibber, CC BY 2.0

 

 

Deux affaires ont poussé par les services secrets qui venaient du froid à s'équiper en machine à écrire : l'affaire Prism, évidemment, mais aussi la « démission » du directeur des services ferroviaires russes, tout simplement viré par Poutine, une information démentie par le gouvernement. Pour éviter les fuites ou l'espionnage, rien de mieux qu'un bon vieux rouleau encreur, donc.

 

Le journal Izvestia cite ainsi plusieurs sources qui certifient que les machines à écrire sont toujours utilisées dans un grand nombre de services et de ministères, sous une forme qu'on leur a toujours connue : le modèle choisi serait la Triumph Adler TWAIN 180. Une vingtaine de machines supplémentaires auraient été commandées, pour un montant de 15.000 $.

 

« Du point de vue d'une garantie de confidentialité, aucune forme de communication électronique n'est sûre », explique Nikolai Kovalyov, ex-directeur du FSB. « Avec les ordinateurs, il est toujours possible de modifier un document. Il y a bien sûr des moyens de protection, mais aucune garantie n'est certaine. Du coup, le moyen le plus sûr reste encore le plus connu : une main humaine avec un stylo ou une machine à écrire. »

 

Voilà une sévère diatribe contre le DRM, ces protections techniques censées protéger les fichiers numériques du partage ou de la modification... Le gouvernement russe, lui, est directement passé au tatouage social, personnalisé selon l'utilisateur : chaque machine dispose ainsi de sa propre typographie, histoire de pouvoir remonter jusqu'au rédacteur adéquat en cas de fuite d'informations.

 

Le choix des services secrets russes est largement discuté, jusque dans ses propres rangs : en cas de destruction, impossible de remettre la main sur les documents, quant au stockage...