La réalité rattrape la SF, des micropuces espionnent l'activité du cerveau

Clément Solym - 11.08.2010

Zone 51 - Insolite - docteur - syed - micropuces


Une équipe de scientifiques canadiens a mis au point une nouvelle génération de micropuces en silicone qui devraient permettre de mieux comprendre l'activité du cerveau. Ces micropuces devraient permettre aussi, de développer une nouvelle gamme de médicaments efficaces contre les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson.

On entre donc de plain-pied dans la science-fiction. Les ouvrages évoquant ce genre de technologie sont légions et nombre d'entre eux à l'instar de Johnny Mnemonic (de William Gibson), en ont imaginé les possibles dérives. Dans le livre, « Johnny est un messager mnémonic : il a sacrifié ses souvenirs pour se faire implanter dans le cerveau du silicium et ainsi pouvoir transporter de grandes quantités de données informatiques sans courir le risque du piratage ».

Nous y sommes, dernier étage : Cortex

Le docteur Naweed Syed qui a conduit ces recherches dans son laboratoire avec une équipe de scientifiques pluridisciplinaire, explique : « Cette percée technique nous permet de suivre des changements subtils dans l'activité du cerveau au niveau du canal ionique et des potentiels postsynaptiques, qui sont aussi les sites les plus ciblés pour le développement de médicaments dans les maladies neurodégénératives et les troubles neurophysiologiques ».


S'il existait déjà des micropuces en silicone que l'on pouvait implanter dans le cerveau auparavant, elles n'étaient pas vraiment efficaces. Il leur fallait des années pour enregistrer l'activité du canal ionique sur les cellules et elles ne pouvaient observer qu'une ou deux cellules en même temps.

Les nouvelles micropuces sont automatisées et peuvent suivre l'activité en instantané d'un grand réseau de cellules. Selon le docteur Syed, les applications thérapeutiques de cette avancée technologique sont uniquement limitées par l'imagination (voir la vidéo ci-dessous, attention c'est en anglais)

Enfin, on appréciera la démarche fructueuse du docteur Syed qui est allé chercher des scientifiques d'autres disciplines au lieu de se contenter comme beaucoup le font de la sienne uniquement.


Le vice-président, science de la vie, au NRC, le centre national canadien de recherches (qui a participé à ce projet), affirme : « Le succès de ce projet est dû au dépassement des frontières entre les disciplines scientifiques. C'est un réel partenariat entre des neuroscientifiques, des ingénieurs et des physiciens de différentes institutions canadiennes de recherches et développement. Nous nous sommes engagés à la fois à comprendre l'ultime mystère du cerveau et à développer des outils et des systèmes qui accéléreront la mise au point de meilleurs diagnostics et de meilleurs traitements pour les maladies du cerveau. »