La recette de l'omelette pas bourgeoise façon Jean-Paul Sartre

Nicolas Gary - 25.07.2013

Zone 51 - Humour - recette de cuisine - omelette - Jean-Paul Sartre


On le sait peu, mais Jean-Paul Sartre, quand il ne se confondait pas en être et néant, était un grand amateur de bonne table. Au point qu'en 1987, Marty Smith publia un ouvrage, intitulé The Jean-Paul Sartre Cookbook. La parution se fit dans un journal, The Free Agent, diffusé à Portland. Et six années plus tard, le texte fut repris dans Utne Reader. De la cuisine existentialiste, ça donne l'eau à la bouche.

 

 

Jean-Paul Sartre, painted portrait - DDC_7519.jpg

DDC_7519, CC BY 2.0

 

 

Ce serait dans des journaux découverts à l'époque, appartenant à Sartre que Marty fait la découverte du siècle. Des journaux personnels « coincés entre les coussins du canapé de notre bureau », explique-t-il. Et qui dévoilent toute l'obsession dont Sartre faisait preuve vis-à-vis de la nourriture. Il aurait même espéré écrire « un livre de cuisine qui fixera[it] les notions de goût pour toujours ». Et jour après jour, voici que le philosophe livre quelques-unes de ses expériences culinaires.

 

Le 3 octobre (sans année donnée), Sartre évoque son projet de livre de recettes avec Camus. Une conversation stimulante qui le précipitera dans la cuisine pour travailler à une omelette Denver. Le 6 octobre, c'est la révélation

 

« Je me suis rendu compte que la forme traditionnelle d'omelette (oeufs et fromage) est bourgeoise. Aujourd'hui, j'ai tenté une rupture avec une cigarette, un café et quatre petites pierres. J'ai donné à manger à Malraux, qui a vomi. Je me sens encouragé, mais mon parcours est encore long. »

 

Le 23 novembre, c'est dans un restaurant que Sartre s'aventure à l'expérience de la cuisine, provoquant la colère des clients. Ces derniers se plaignent. « Ils me donnent envie de vomir. J'ai quitté le restaurant. » 

 

Le 26 novembre, point culminant, il réalise une forêt noire avec cinq kilos de cerises et un castor, « contestant la définition même du mot gâteau. J'ai été très satisfait. Malraux a dit qu'il l'admirait beaucoup, mais qu'il ne pouvait pas rester pour le dessert. » Pour éviter la nausée, probablement...

 

Évidemment, tout cela est purement fictif. Mais délicieux, et à retrouver à cette adresse.

 

(via Open Culture)