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La romancière Val McDermid lègue son nom à une morgue

Julien Helmlinger - 17.07.2014

Zone 51 - Insolite - Val McDermid - Université de Dundee - Morgue et dissection


La conservation de mémoire aura comme un parfum de formol, pour certains écrivains. Comme d'autres avant elle, la romancière écossaise Val McDermid voit un lieu baptisé en son honneur. Mais celle qui a entre autres signé trois séries de romans policiers ne lègue pas son nom à une rue, une place publique ni même une école, mais plutôt à une morgue, celle de l'université de Dundee. Une attention morbide qu'elle partage avec son compatriote Stuart MacBride, qui, s'il avait autrefois loupé son entretien pour devenir directeur de pompes funèbres, obtient réparation en donnant son patronyme à la salle de dissection.

 

 

(crédits : Andy Peebles, site officiel de l'auteure)

 

 

Pour bâtir cette nouvelle morgue, mieux équipée que l'ancienne, l'université a lancé son appel aux dons visant à rassembler un million £. Ils étaient au total 9 auteurs de romans policiers à répondre à l'appel, parvenant à récolter la somme nécessaire. Le public a ensuite voté, pour déterminer quel écrivain allait être choisi au moment de baptiser le service. Val McDermid est ainsi arrivée en tête des suffrages.

 

L'auteure parfois engagée et plusieurs fois primée, maman des enquêteurs de fiction Lindsay Gordon, Tony Hill ou encore Kate Brannigan, a confié que cet hommage constitue à ses yeux un « grand moment de fierté ». Elle admet qu'on se lance rarement dans sa carrière en se disant qu'un jour une morgue sera baptisée en notre honneur, mais que l'hommage reste savoureux au même titre que les lauriers littéraires.

 

Val McBride a eu l'occasion de côtoyer pendant des années le professeur Sue Black, au fil de sa carrière dans le crime, un employé du Centre for Anatomy and Human Identification de l'université de Dundee. Un partenaire qui se révéla une source intarissable de détails généreusement « horribles » donnant matière à écrire des scènes de ses bouquins.

 

Elle a justifié sa contribution à la collecte de fonds en expliquant : « Tous les auteurs de romans policiers se reposent sur l'aide de professionnels comme Sue, afin de nous assurer d'obtenir les détails adéquats. Donner un peu de notre aide en retour était le moins que nous puissions faire. »

 

Les autres célébrités du polar impliquées dans la collecte de fonds, au rang desquelles se trouvaient Lee Child, Jeffery Deaver, Jeff Lindsay, Tess Gerritsen, Peter James, Kathy Reichs, Mark Billingham, Harlan Coben et Caro Ramsay, ont également eu droit à leur lot de consolation. Chacun de leurs noms (parfois un nom de personnage) se voit attitré à son propre réservoir servant au liquide d'embaumement. 

 

L'université pourra désormais se targuer d'être le premier établissement écossais à mettre à profit la méthode d'embaumement cadavérique de Walter Thiel. Celle-ci, bien qu'encore peu développée depuis sa publication en 1992, aurait néanmoins la particularité de mieux préserver la souplesse des cadavres en comparaison aux méthodes classiques. Un concept inspiré par la conservation de la viande de boeuf et qui nécessite l'usage de défunts morts en bonne santé, comme les victimes de crimes, par exemple.