La vie (littéraire) secrète de George Bush : un vrai Bovary !

Clément Solym - 30.12.2008

Zone 51 - Insolite - George - Bush - livres


Karl Rove a été ami de George Bush durant ses deux mandats et secrétaire général adjoint de la Maison blanche de 2001 à 2006, et il explique qu'au cours de la présidence, le petit George a lu 95 livres, dans la seule année 2006. En 2007, 51 et 40 en 2008. Des chiffres d'une précision rare, non ? Oui, parce que les deux faisaient un concours, pour savoir qui en lirait le plus, sauf que l'un des deux était « leader du monde libre », et qu'en tant que tel il avait moins de temps.

On se souviendra de la phrase d'Eisenhower, qui disait avoir eu plus de temps pour lire et peindre durant son mandat qu'au cours de sa retraite...

Tes bonnes résolutions pour 2006 ? Lire...

Quoi qu'il en soit, l'affrontement entre les deux hommes a débuté en 2006, lorsque petit George a demandé à Karl quelles étaient ses résolutions pour l'année nouvelle : plutôt que de glisser un truc genre retirer les troupes de l'Irak, Karl répond qu'il souhaite lire un livre par semaine, parce qu'il en a perdu l'habitude. Trois jours plus tard, le défi était lancé, et Bush entamait sa période de lecture.

La plupart des livres lus par Bush - comme elle sonne étrangement, cette phrase - étaient des biographies de personnages historiques, qui ont fait des choses impopulaires, mais ont ensuite été réhabilités. On sent la vie par procuration poindre. Mais Karl nous rappelle également que le petit George est diplômé de la Harvard Business School, qu'il est passé par Yale, et qu'on ne sort pas de ces endroits sans avoir lu un livre.

Vie par procuration... un vrai Bovary !

Certes, et même si ce n'est pas là l'image que l'on a retenue du président américain, on perçoit, à ses lectures, qu'il a cherché une certaine justification à ses actions, dans les ouvrages qu'il a pu dévorer. Enfin, soit : Karl souhaité avant tout rompre avec l'idée que Bush préférerait brûler un livre que d'en lire un. On savait qu'elle était fausse, ou alors sa future bibliothèque aurait servi de prétexte à un grand autodafé.

Les résultats de cette combativité spectaculaire sont les suivants :
  • 2006 - Rove 110 livres contre 95 pour Bush
  • 2007 - Rove 76 livres contre 51 pour Bush
  • 2008 - Rove 64 livres contre 40 pour Bush
Dans le tas, on citera notamment l'Étranger de Camus, ou encore Next de Micael Crichton, ou des biographies d'Abraham Lincoln, Andrew Carnegie, Mark Twain, Babe Ruth. Aujourd'hui, Karl Rove écrit des articles pour le Wall Street Journal.