La ville flamande de Menin bannit le français au profit des pictogrammes

Julien Helmlinger - 05.09.2013

Zone 51 - Insolite - Francophonie - Menin - Politique


En Flandre orientale, Belgique, si la commune de Menin partage sa rue principale avec la bourgade française de Halluin, la frontière de la langue sera bel et bien démarquée dès l'an prochain. Bien que la petite ville flamande de Menen, comme on dit en néerlandais, soit frontalière et peuplée de nombreux Français ainsi que de Wallons, la bourgmestre locale, Martine Fournier, estime que la langue française n'a plus sa place à la mairie et surtout pas dans la bouche des fonctionnaires. Les pictogrammes, ça pique visiblement moins les susceptibilités.

 

 

 

 

 

 

La législation belge, depuis 1996, ordonne que les deux plus grandes régions du pays soient unilingues: les communes flamandes sont administrées en néerlandais et celles Wallonnes en français. Tandis que dans la région bruxelloise, les communes sont gérées dans les deux langues. Comme autour de Bruxelles, certaines bourgades jouxtant la frontière administrative entre la Flandre et la Wallonie usent simultanément des deux langues.

 

Ce qui permet à leurs fonctionnaires de mieux servir les citoyens. Mais, en Flandre, la législation linguistique s'y oppose. Or, si le français est généralement la règle dans son administration, la bourgmestre Martine Fournier, parti chrétien-démocrate, y va de sa croisade contre la langue impie. « Cela commence un peu à dépasser les bornes. À l'Hôtel de Ville, j'ai parfois l'impression qu'on y parle plus d'autres langues que la langue 'propre'. »

 

En conséquence de quoi, dès le 1er janvier 2014, il sera interdit aux fonctionnaires de Menin de parler dans une autre langue que l'officielle. Une formation leur sera proposée en cas de besoin.

 

Martine Fournier s'estime en mesure de pouvoir « imaginer que ce ne soit pas facile pour le personnel, parce que les personnes qui jusqu'à maintenant étaient aidées dans leur propre langue, vont dorénavant se retrouver confrontées au néerlandais. » Elle prévoit alors de former les fonctionnaires aux « pictogrammes », à la « langue des signes », et sans oublier la « gestion de l'agressivité ».

 

La dernière, probablement au cas où le francophone aurait du mal à se plier à la discipline. Le site internet de la commune a publié un avis détaillant comment garantir une « prestation de service de qualité avec un usage strict et correct de la langue [...] dans le respect de la législation linguistique ». À savoir, selon la bourgmestre, le néerlandais est la seule langue, si elle ne suffit pas on la renforce de pictogrammes, et c'est seulement à titre exceptionnel que l'on peut se permettre une autre langue

 

Même sur la plateforme en ligne de la ville, si l'internaute ose cliquer sur la version française, anglaise ou allemande du site, il est automatiquement redirigé vers une page lui indiquant « Bienvenue sur le site officiel de l'Office du Tourisme de Menin ». Welkom...