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Le Comte Dracula revend son château de Transylvanie

Julien Helmlinger - 12.05.2014

Zone 51 - Insolite - Dracula - Immobilier - Château


Opportunité à saisir pour qui souhaiterait faire du boudin, où se livrer à ses perversions narcissiques dans un cadre propice à la démesure. L'annonce de cette vente immobilière ne passera certainement pas par les sites de petites annonces, on dit que le Maître souhaite choisir lui même son client. Il faut dire que la forteresse médiévale de Bran, en Roumanie, adresse qui aurait inspiré Bram Stoker pour la création du plus célèbre des vampires, est désormais sur le marché. Par des entremetteurs de sang bleu : les Habsbourg.

 

 

CC by 2.0 par XJason.RogersW

 

 

Non, le château de Bran n'a rien à voir avec l'infirme de Winterfell. Celui-ci a été bâti au XIIIe siècle par les chevaliers de l'Ordre teutonique non loin de Brasov en Transylvanie. Depuis, les propriétaires de renom s'y sont succédés : Saxons, maison royale Hongroise, Habsbourg, mais aussi un certain voïvode valaque, Vlad Tépès troisième du nom, surnommé affectueusement l'Empaleur.

 

La rumeur veut que ce dernier, inspirateur du Comte de fiction, y aurait vécu au cours du XVe siècle. Tandis que le ministère du Tourisme local met l'accent sur les affaires de monstres et autres fantômes pour attirer les visiteurs dans la région, les lieux sont généreusement chargés d'Histoire et de légendes. Les Habsbourg, propriétaires actuels, souhaitent passer la main, pensant avoir dépassé l'âge de se consacrer aux éternels travaux de rénovation.

 

Mark Meyer, du cabinet d'avocats new-yorkais Herzfeld and Rubin, en charge de la vente, explique aux intéressés que « si quelqu'un fait une offre raisonnable, nous chercherons à savoir qui c'est et ce qu'il propose puis nous étudierons sérieusement l'idée ». Les arguments de vente sont notamment l'absence de vis-à-vis, un cadre incomparable et une position en hauteur qui offre un panorama sur toute la région.

 

L'acquéreur devra néanmoins compter avec quelques centaines de milliers de visiteurs annuels et des problèmes de plomberie. Les chambres ne doivent toutefois pas manquer pour héberger son propre plombier, voire quelques succubes au besoin. La somme de 60 millions d'euros aurait été évoquée l'an dernier, un prix que l'État roumain, prioritaire, avait jugé trop onéreux.

 

À noter que la forteresse abrite un musée, pour lequel l'État paie son loyer aux propriétaires.