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Le Figaro sort une équipe de romancières pour parler football

Clément Solym - 11.06.2010

Zone 51 - Chez Wam - coupe - monde - ecrivains


Dans la catégorie des articles qui vont rester dans les annales du journalisme, et font passer des vessies pour des lanternes, nos confrères du Fifigaro viennent de repousser les limites. Goûtez plutôt : « À la veille de la Coupe du monde, Le Figaro Littéraire a composé une équipe de romancières qui pratiquent peu la langue de bois : elles aiment le beau jeu, mais manient aussi le tacle verbal. »

C'est frais, doux et délicat au possible.


Elles sont bien onze à répondre à l'implicite question : et vous, le foot, vous en avez quoi à foot ? sans que pour autant aucune d'entre elles ne prenne le temps de trouver cette démarche un tant soit peu machiste, et versant carrément dans une mielleuse misogynie.

Pourquoi ne pas proposer, le jour de la Saint M. Propre, s'interroger cinq bonshommes pour savoir ce qu'ils pensent des éponges à double face, avec grattoir intégré. Au mieux encore, durant les prochains JO, demander à ces messieurs de narrer leurs déboires en gymnastique, ça aidera vraiment à instaurer une égalité des sexes.

Parce que nous le savons (de Marseille, Allez l'OM !, justement), le foot c'est un sport d'hommes, la coupe du monde, c'est une affaire d'hommes, et bien joli qu'on leur donne la parole aux femmes pour qu'elles nous murmurent ce qu'elles en pensent.

Manquerait plus qu'elles aient un avis...


Et la semaine prochaine ce sera une équipe masculine avec des Beigbeder, des Zemmour et j'en passe et j'en oublie, qui viendront nous raconter leurs premiers émois avec un ballon rond ? Franchement... qui a dit racoleur ?

Alors, oui, je sais, la coupe du monde, c'est un événement d'ampleur internationale, ça réunifie les peuples - lesquels s'empresseront de se désunifier une fois le dernier match passé. Mais enfin, là, on touche vraiment au petit n'importe quoi, avec fort potentiel pour virer dans le grand n'importe quoi.

Notez tout de même que certaines réponses valent leur pesant de cacahuètes. Quand une Adélaïde de Clermont-Tonnerre évoque « un défilé de belles mécaniques que l'on regarde transpirer avec admiration », on sait au moins où l'on navigue.

Salutations tout de même à Tatiana de Rosnay, qui confesse « s'en foot », et c'est heureux, ou Geneviève Dormann, qui préfère et de loin le rugby.

Allez, pour découvrir l'avis de ces romancières sur les 22 pousse-citrouille qu'on va enfermer sur un terrain des heures durant, c'est par-là.