Le jour où Freud est parti en cendres dans son crématorium

Nicolas Gary - 15.01.2014

Zone 51 - Insolite - Sigmund Freud - urne funéraire - vol


Message d'avertissement charitable : si vous êtes freudien, inutile de contacter la rédaction en urgence, si vous êtes lacanien, pas besoin non plus de nous parler d'acte manqué. Pourtant, la réalité est tristement là : les adorateurs du psychanalyste viennois vont pleurer toutes les larmes de leur corps. Dans une tentative pitoyable pour dérober un vase grec ancien, contenant les cendres de Sigmund, les malfrats ont tout bonnement brisé l'urne funéraire...

 

 

Sigmund Freud (acrylic on butt)

Une seule idée en tête ?

 scragz, CC BY 2.0

 

 

Au crématorium du Golders Green, c'est la consternation : ce vase qui remontait à 300 av. J.-C., et qui provenait de la collection personnelle d'antiquités du cocaïnomane gisait, le 1er janvier, éclaté, au sol. L'urne ne contenait d'ailleurs pas simplement les cendres de Freud, incinéré en 1939, à l'âge de 83 ans, mais également celles de sa veuve, morte en 1951, à 90 ans. Unis, même dans la mort. 

 

Le vase était un cadeau de patients aristocrates, qui connaissaient le goût du psy pour les antiquités - et en l'occurrence, c'est Marie Bonaparte, arrière-petite-nièce de Napoléon, qui avait vu juste avec ce fameux présent. On pouvait y voir une scène où Dionysos - intéressant, ça, le dieu reconstitué - et une ménade, qui célébraient la vie - doublement intéressant, que de faire d'un objet d'ode à l'existence, un réceptacle funéraire...

 

Le crématorium est consterné. Et son sérieux entaché : on compte en effet les cendres de prestigieuses personnalités dans ses salles, comme celles de Bram Stoker, ou encore la chanteuse Amy Winehouse. La sécurité doit être prochainement revue, assure-t-on. 

 

Barnet Press, qui rapporte l'information, explique que le vol s'est déroulé entre le 31 décembre et le 1er janvier. Le détective Daniel Candler explique qu'il ne peut s'agir que d'un geste regrettable de la part de voleurs sans scrupules - ou alors à qui leur père n'aurait pas assez témoigné d'amour ?

 

« Même en mettant de côté la valeur financière de cette urne irremplaçable, et l'importance historique qui est la sienne, le fait que quelqu'un ait tenté de dérober un objet, sachant ce qu'il contenait de vestiges d'une personne, dépasse l'entendement. J'exhorte tous ceux qui connaissent l'auteur de ce forfait à contacter Crimestopper ou moi, personnellement », fulmine l'enquêteur.

 

Autre hypothèse, Sherlock : et si les larrons ignoraient tout de la présence des cendres dans l'urne ? Voire, ignoraient même l'existence de Freud ?

 

Le psychanalyste, fuyant l'Europe devenue nazie, s'était installé à Londres en 1938 avec sa famille, et avait ouvert un cabinet de consultation à Hampstead.