Le jour où le chien de John Steinbeck a dévoré son manuscrit

Antoine Oury - 12.08.2020

Zone 51 - Insolite - John Steinbeck chien - chien manuscrit - Steinbeck toby


L'excuse du chien gourmand n'est pas réservée qu'aux élèves peu consciencieux : le 27 mai 1936, dans une lettre à son éditrice Elizabeth Otis, John Steinbeck, auteur des Raisins de la colère et À l'est d'Éden, confesse qu'une partie de son manuscrit a disparu. La moitié de ce qui deviendra Des souris et des hommes a fini en charpie, déchiquetée par son chien Toby...

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Le meilleur conseil, pour un écrivain débutant, pourrait être de conserver de multiples exemplaires et sauvegardes de son travail. Mais, bien avant l'ordinateur, posséder plusieurs versions d'un même texte n'était pas si facile. John Steinbeck en a fait l'amère expérience : dans une lettre envoyée en 1936, un an avant la parution de Des souris et des hommes, à son éditrice, il raconte comment son chien lui a compliqué la tâche...

« Une petite tragédie a eu lieu. [...] Mon setter, un jeune chiot, s'est retrouvé seul, une nuit, et a fait des confettis de la moitié de mon manuscrit. Deux mois de travail à reprendre à zéro. Retour à la case départ. Il n'y avait pas d'autre brouillon. J'étais plutôt furieux, mais le pauvre chien a peut-être exprimé là une quelconque critique », remarque Steinbeck dans son courrier.

L'auteur apprécie particulièrement les chiens : dans les années 1960, lancé dans un périple à travers les États-Unis, il embarquera avec lui Charley, son caniche. Il en écrira même un livre, Voyage avec Charley, publié en 1962.
 
En attendant, son setter Toby lui aura fait voir de belles : le travail nécessaire pour rattraper le manuscrit mâché et gâché est estimé à deux mois auprès de son éditrice par l'auteur. « Je ne lui ai infligé que sa petite fessée avec sa tapette à mouche martinet », précise même l'écrivain.

Réécrit et terminé, Des souris et des hommes paraitra en 1936, pour connaitre le succès que l'on sait...

via Brain Pickings

Photographie : localpups, CC BY 2.0


Commentaires
Peut-être (à l'instar des chiens renifleurs à la tâche dans les aéroports) l'usage des chiens dévoreurs de manuscrits pourrait-il être étendu chez bon nombre d'éditeurs, histoire de contribuer à l'inflation éditoriale, qui semble ces temps derniers peu en adéquation avec une vertueuse conscience écologique. Reste à savoir quel race de chien, pour quel type d'éditeur (de chasse, de salon, berger, d'aveugle, de traineau, de concours etc etc.
Peut-être que John avait l'habitude de lire un chapitre frais de ses oeuvres, chaque soir, à toutou Toby pour qu'il dorme tranquille et lui laisse une place dans le lit. La nuit qu'il oublia de le faire, vexé, setter Toby chercha en vain la tapette à mouches martinet - jouet commun aux deux héros - pour flanquer une tripotée à son maître. Devant l'échec de son entreprise, le chiot se vengea en bouffant les souris, les hommes et 250 grammes de bonne littérature.

Au réveil, l'écrivain furieux interpella sa bête: "Choisis ta punition, ou je t'avale ou je te tappe." Toby lui apporta le tue-mouches.
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