Le lecteur hybride, vers une nouvelle espèce de bibliophiles

Clément Solym - 20.12.2008

Zone 51 - Insolite - lecter - hybride - espèce


Même Darwin n'en reviendrait pas : une nouvelle espèce de bibliophages est train de voir le jour. C'est pourtant simple : nous avons tous grandi avec ces choses imprimées, contenant des pages et qui nous ont fait voyager... les livres.

Mais voilà que nous évoluons dans un monde constitué de numérique, d'informatique, de liseuses et d'ebooks. Pourtant, nous continuons de lire les uns, tout en découvrant les autres...

Du livre au livrel, de l'encre à l'E-Ink

Quand on parle autour de soi des livres électroniques, les autres, ceux qui n'ont pas encore accompli leur mutation, ou qui soit la refusent, soit ne la réaliseront jamais, ces autres, donc, considèrent l'ebook comme un supplément à ce qui est imprimé. Mais jamais, ô grand jamais, il ne leur viendrait pas à l'idée qu'une réelle évolution tant dans la forme que dans les contenus puisse en advenir. À croire que rien ne saurait se substituer à leur environnement de papier.

Éditeur, les chercheurs d'or frileux

Pourtant, même avec frilosité, les éditeurs français tendent vers le numérique : ils lui prêtent une oreille certes discrète et peu ou prou attentive, mais ils ont conscience que quelque chose se déroule, là, devant eux. Certains doivent même se dire que ceux qui se baladent avec leur Cybook ou leur Reader ressemblent peut-être à ceux qui voilà quelques années osèrent franchir le pas du baladeur MP3. Et qu'entre les éditeurs de musique et eux, éditeurs de livres, les distinctions s'amenuisent.

Pourtant, le grand public ne saisit pas encore : certes l'intérêt des lecteurs d'ebooks est encore ténu, et trop de contraintes refrènent les envies. Comment accepter de débourser près de 300 € dans un outil qui n'est pas même en couleur et qui ne permettrait pas de lire une BD ? Et la projection autant que le pari de dire que les ebooks deviendront un authentique objet d'utilisation courante se monnaye pour eux assez cher. Mais ils nous le font payer tout autant.


Lecteur hybride : bibliophile de convergence

Pourtant c'est bien dans cet univers que les premiers pas des lecteurs devraient se faire : le confort de pouvoir transporter une dizaine de livres sans encombre devrait ravir n'importe quel éditeur, attachée de presse ou journaliste/critique de livre. Le contact avec l'objet disparaît et les concours de la plus belle couverture avec eux, effectivement... Et quand on juge d'un livre, c'est l'objet dans son ensemble que l'on prend en compte. Et pourtant, le lecteur hybride est devenu capable de concevoir un avenir où certains livres ne seraient que numériques et jugés dès lors sur leur strict contenu.

Pour l'heure, la seule chose à réclamer, ce sont des livres électroniques, faciles d'accès - techniquement parlant - et bon marché. La suite viendra toute seule. Mais faites-nous des livres !