Mario Vargas Llosa : "Je n'ai jamais eu de compte Twitter"

Clément Solym - 27.08.2015

Zone 51 - Insolite - Isabel Preysler - Mario Vargas Llosa - mariage Twitter


L’écrivain Mario Vargas Llosa a eu un coup de chaud depuis Madrid. En consultant la chronique de son dernier livre, Notes on the Death Culture, traduit en anglais chez Farrar, Strauss & Giroux, il a manqué de s’étouffer. Le billet « contient des informations sur moi qui sont en même temps diffamatoires et perfides », explique-t-il. Tiens donc...

 

El Premio Nobel de Literatura, Mario Vargas Llosa, en rueda de prensa a su llegada a España junto al rector de la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria en el aereopuerto de Gran Canria.

"Un mariage ? WTF ?" - Mykel, CC BY SA 2.0

 

 

Le chroniqueur du New York Times s’est en effet bien pris les pieds dans le tapis des réseaux sociaux. Et s’est pris une volée de bois vert, du romancier, puis de sa propre rédaction. 

 

« Près d’une semaine avant que Notes on the Death of Culture ne soit publié, Vargas Llosa a quitté sa femme de cinquante ans, pour Isable Preysler, une socialiste espagnole, née aux Philippines, mannequin et ancienne reine de beauté, connue comme la Perle de Manille, et ex-femme de Julio Iglesias. Hola!, le magazine, a rapporté en exclusivité l’histoire », écrit le journaliste. 

 

C’est qu’en guise de confirmation de cette information, le critique s’était appuyé sur un tweet émanant d’un compte nommé Mario Vargas Llosa. Celui de l’auteur péruvien ? Eh bien...

 

 

Erreur funeste, erreur de débutant, qui occasionne donc un démenti cinglant du romancier. Mais le mal était déjà fait : Hola! avait publié pour 850.000 € de photos exclusives sur le prétendu couple, et la presse espagnole s’était ruée, en période de disette informative estivale, sur le sujet. 

 

« Je n’ai jamais eu de compte Twitter, et je n’ai jamais posté, et ne posterai jamais, quoi que ce soit sur un compte Twitter. Je n’ai jamais vendu une photo, ni une histoire au magazine Hola! ni toute autre parution en lien avec une quelconque relation ou problème personnels », s’agace Mario

 

Le tweet mensonger venait d’un journaliste et professeur d’italien, Tommaso Debenedetti, qui s’était amusé aux dépens de tous. En 2010, ce dernier s’était fait connaître des réseaux pour avoir incarné plus de 80 personnalités publiques, comme le Dalaï-Lama, Mikhaïl Gorbatchev, Noam Chomsky et Joseph Ratzinger (avant qu’il ne devienne Benoît XVI...). 


Pour approfondir

Editeur :
Genre : sociologie faits...
Total pages : 240
Traducteur : albert bensoussan
ISBN : 9782070145218

La civilisation du spectacle

de Mario Vargas Llosa

La culture contemporaine a connu une métamorphose et plus rien, semble-t-il, ne résiste à cette dénaturation, voire à cet effacement de sa valeur. La banalisation des arts et des lettres, le triomphe de la presse people et la frivolité des politiques sont, pour Mario Vargas Llosa, les symptômes d’un mal supérieur: la sacralisation du divertissement comme but ultime de l’existence dans nos sociétés. Alors que, naguère, la culture était un outil de formation et portait une exigence de lucidité, aujourd’hui la primauté du spectacle est devenue la règle qui conduit à la distraction, au sens propre, de toute conscience morale, intellectuelle et politique. Nous vivons l’époque des fausses icônes, des denrées périssables de l’esprit, de la forfaiture morale, en un mot, de l’aveuglement. Mario Vargas Llosa, nobélisé pour avoir proposé une "cartographie des structures du pouvoir", tire la sonnette d’alarme et fait ici le procès de notre époque – futile, volage, suicidaire. Il revendique, une fois de plus, le droit à une culture autre qui, plutôt que de nous imposer de nouvelles servitudes, nous rende plus libres.

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