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Le Neuromancien en jeu vidéo, projet fou de Timothy Leary

Antoine Oury - 15.11.2013

Zone 51 - Insolite - jeu vidéo - Neuromancien - Timothy Leary


Si certains hippies, comme Steve Jobs, se sont dirigés vers la création de matériel informatique, d'autres furent attirés par les possibilités créatives des jeux vidéo. Ainsi, le pape du LSD, Timothy Leary, plus que convaincu par le Neuromancien de William Gibson, envisageait de l'adapter en jeu vidéo, avec un casting de luxe.

 


Neuromancer sur Amiga, 1989 (Capture d'écran)

 

 

Avec Le Neuromancien, William Gibson posait les bases du cyberespace, et séduisait Timothy Leary, convaincu que la technologie et l'informatique pouvaient permettre une extension de la personnalité et de l'esprit. Pour lui, « le PC est le LSD des années 1990 », et il défendait la créativité des jeux vidéo avec la même ferveur que les substances psychédéliques, quelques années auparavant.

 

Leary avait créé sa société de développement de jeux vidéo, Futique Software (« futique », en opposition à « antique »), et enchaînait les projets de jeux vidéos, qui gravitaient tout autour du concept de conscience, comme en témoignent les titres : Mind Adventure, Mind Player... La plupart des projets ne virent jamais le jour, à l'exception notable de Mind Mirror, distribué par Electronic Arts à 65.000 exemplaires.

 

Un étrange succès commercial, étant donné l'objectif du jeu, sans parler de son interface : le joueur « cartographie » sa conscience, et tente de s'améliorer jusqu'à devenir son « moi idéal », en ajustant son caractère et ses comportements. 

 

Fasciné par le roman de Gibson, Leary en avait imaginé une version vidéoludique, avec le groupe Devo pour la bande originale, Keith Haring aux graphismes, Helmut Newton à la photographie et une histoire rédigée par Leary et William Burroughs. Dans le jeu, des personnages aux traits de Grace Jones et David Byrne devaient apparaître. 

 

Finalement, un jeu Neuromancer sera bien édité, mais en 1989 et par Interplay. Seuls survivants du projet de Leary, les lurons de Devo offriront leur titre Some Things Never Change pour la chanson-thème du jeu. Les recherches sur les dizaines de jeux que Leary avait imaginé se poursuivent, notamment à la New York Public Library, où 375 disquettes extraites de ses archives personnelles sont étudiées.