Le poème qui purifiait l’air a rempli sa mission avec succès

Elodie Pinguet - 01.02.2017

Zone 51 - Insolite - In praise of air - Simon Armitage - purification de l'air


Premier poème catalytique de l’histoire, le texte de Simon Armitage, In Praise of Air, a été retiré du mur de l’université de Sheffield après trois ans de purification d’air. Cette collaboration entre art et sciences était due à un professeur de physique-chimie, Tony Ryan.

 

Compte Twitter de Anthony J Ryan OBE

 

 

Le sujet avait été abordé en 2014, au moment de l'installation : à ce stade, de la poésie qui avait pour mission de purifier l’air pouvait paraître irréelle. Le poème de Simon Armitage, In Praise of Air, avait été imprimé sur un support de 10x20 mètres, avec un revêtement en dioxyde de titane (TiO2).

 

Le dioxyde de titane est ce qu’on appelle un photocatalyseur, c’est-à-dire qu’il est stimulé par la lumière. Voici ainsi le fonctionnement de la toile où était écrit le poème, attention explication extrêmement scientifique :

 

Lors que la lumière atteint le support contenant du TiO2, les électrons s’activent. Ils vont alors séparer en deux l’oxygène dans l’air, le O2. Les radicaux libres ainsi obtenus vont réagir avec de l’eau pour donner du peroxyde. Ce dernier va alors oxyder les polluants contenus dans l’atmosphère.

 

Pour faire simple, le dioxyde de titane régit à la lumière et engendre des composés qui vont purifier l’air. Depuis son installation sur le mur de l’université de Sheffield, le TiO2 aurait filtré de l'air environnant deux tonnes d’oxyde d’azote, ce gaz présent par exemple dans les pots d’échappement. Voilà un véritable poème mangeur de pollution.

 

Cette première alliance entre la science et un artiste littéraire laisse envisager de « nouvelles façons de s’engager dans un dialogue avec le grand public », encore plus à l’heure où Donald Trump a évoqué la possibilité de retirer les États-Unis de l’accord de Paris.

 

Mêler arts et sciences, voilà peut-être un moyen efficace de sensibiliser les populations à la cause environnementale. Le projet technologique à base de TiO2 derrière In Praise of Air était déjà présent dans des vêtements et textiles suite à une collaboration entre Tony Ryan et l’artiste-designer Helen Storey.

 

Après le succès de la première poésie catalytique, dont le texte lui-même est un éloge à l’air, peut-être verrons-nous apparaître d’ici quelques années de nouveaux textes antipollution sur les murs du monde entier. Et de la littérature qui sauverait l’environnement tout en habillant nos immeubles, c’est quand même le must du design du futur.

 

 

Via The Conversation