Le premier anglais a utiliser le "F-Word" était un moine

Antoine Oury - 12.02.2014

Zone 51 - Insolite - f-word - fuck - mots grossiers


Les linguistes ont parfois de drôles de manies, et retracer les origines et usages des mots grossiers et autres injures en fait partie. Ainsi, l'auteure Melissa Mohr s'est appliquée à mettre à jour les premières utilisations du mot « fuck » dans la littérature anglophone. Visiblement, les poètes et les moines ont savamment entretenu, dès le XVIe siècle, ce langage fleuri.

 


 

 

L'auteure est formelle : d'après ses recherches, compilées dans le livre Holy Sh*t: A Brief History of Swearing, le mot fuck apparaît pour la première fois en 1500 tout pile, dans un poème satirique, pour désigner des moines. De monk à fuck, il n'y a que quelques lettres, et une sorte de code mélant latin et anglais... En 1513, il réapparaît dans un poème écossais, sous la graphie fukkit.

 

Mais c'est dans un exemplaire du De Officiis de Cicéron, daté de 1528, qu'il est distinctement transcrit, sous sa forme moderne, par un moine, justement. Celui-ci écrit dans la marge du traité sur la morale du rhéteur latin « O D fuckin abbot ».

 

L'interprétation, toutefois, reste prudente.

« Il est difficile de dire si celui qui annote entend « fucking » comme « avoir des relations sexuelles », comme dans « ce type a beaucoup de relations sexuelles pour quelqu'un qui aspire au célibat », ou bien s'il est utilisé pour amplifier tout le mépris qu'il ressent. Si cette dernière hypothèse est la bonne, alors ce moine anticipe l'usage courant, 3 siècles plus tard. Les deux hypothèses sont possibles : John Burton, l'abbé dont il est question, avait des moeurs monacales plutôt légères », souligne l'auteure.

 

Le « D », lui, pourrait signifier « damned », le moine étant persuadé que Burton serait léché... par les flammes de l'enfer.