Le Vatican salue Oscar Wilde, anti-conformiste en quête de vérité

Clément Solym - 20.07.2009

Zone 51 - Insolite - Vatican - Oscar - Wilde


Il n'existe pas de mauvais livres, avait-il dit, uniquement de mauvais auteur, et l'on se demande bien quel type de littérature le Vatican est en train de nous rédiger : après s'être réconcilié avec Harry Potter, auparavant le paria hérétique, voilà que le Saint-Siège fait ami ami avec Oscar Wilde...

Oscar, on t'aime quand même

Dans un premier temps, donc, c'est « la vision du monde et de l'être humain, emplie de profondes erreurs et de dangereuses tentations », que le Vatican saluait dans l'oeuvre de J.K. Rowling. Et de pointer que le Prince de Sang Mêlé montrait bien que combattre le mal impliquait de faire des sacrifices. La mort de Dumbledore, très probablement.

Et maintenant, alors que l'homosexualité aura coûté à l'humanité un fameux Déluge, Oscar Wilde se voit porté aux nues, incarnant « l'une des personnalités du XIXe siècle qui a analysé avec le plus de lucidité le monde moderne, dans ses côtés troublants autant que ses aspects positifs ». Ainsi parla Andrea Monda, dans un article concernant l'ouvrage de Paolo Gulisano, sur Le Portrait d'Oscar Wilde.

Une quête chrétienne de vérité...

Monda va plus loin et titre son papier : Quand Oscar Wilde a rencontré Pie IX. L'auteur est cantonné à un rôle de non-conformiste « qui aimait choquer la société conservatrice de l'Angleterre victorienne ». Certes. Mais surtout, il fut un homme « qui derrière un masque d'amoralité se demandait en lui-même ce qui était juste et ce qui ne l'était pas, quelle vérité et quel mensonge » .

On croit rêver quand ensuite on fait l'apologie des « sentiments intenses » de Wilde, dont l'écriture abrita « une profonde connaissance de la mystérieuse valeur de la vie », dissimulée sous une frivolité et un cynisme qui n'étaient qu'apparents. Sous la plume d'un critique littéraire, c'est un hommage. Émanant du Vatican, c'est assourdissant !

...qui s'achève par un baptême

L'Osservatore Romano,
où l'article est publié ajoute que l'auteur fut tout de même baptisé conformément aux rites chrétiens peu avant sa mort, ce qui sauve son âme. Et finalement, toute sa vie aura pu n'être qu'un long chemin de croix, difficile qui l'aura mené vers cette conversion, ainsi que l'église compte des saints et des pécheurs, qui ont su voir la lumière, parfois in extremis...

Une réhabilitation servie sur un plateau, limite enrobée dans un saint suaire pour l'auteur irlandais, condamné par l'Angleterre pour ses relations avec Lord Alfred Douglas, dans un procès que nous retracions, voilà quelque temps...