Leçon de ratures littéraires par Nabilla et Cyril Hanouna

Cécile Mazin - 10.04.2015

Zone 51 - Insolite - Nabilla télévision - Cyril Hanouna - lecture oeuvres


« Au moins je participe ! » Ah, Nabilla... si l'on n'avait pas la désespérante sensation que tout était scénarisé, et que tu lis un scripteur avec minutie, cette dernière prestation serait juste navrante. Mais en regard du manque de naturel pour sortir ces insanités, on plaidera pour le deuxième degré. « La culture, c'est comme l'amour, il faut y aller par petits coups au début, pour bien en jouir plus tard », disait Desproges. Alors, allons-y doucement...

 

 

Lagarde et Michard

Betty B, CC BY NC 2.0

 

 

Effectivement, entendre la bimbo du PAF dire que Tolstoi a écrit Anna... Conda ou que Boule de suif devient Boule de sucre, voilà qui est plaisant. Et plein d'esprit. Quinze titres sont présentés à Nabilla, par un Cyril Hanouna plein d'entrain et de ces rires que l'on retrouvait dans les sitcoms d'une époque ancienne.

 

Alors, non, Alphonse Daudet n'a pas écrit Les lettres de mon... Cul, comme le propose la délicieuse enfant, qui saura tout de même attribuer Le rouge et le noir à Stendhal. Mais effectivement, Baudelaire n'a pas écrit Les fleurs du... Niagara.

 

Il est heureux que l'animateur s'esclaffe alors avec une virulence qui laisse accroire que, peut-être, la scénographie n'a pas été suffisamment répétée. Bon, le reste se trouve dans la vidéo qui suit.  

 

Mais qu'il soit permis de se réfugier derrière Pierre Desproges, qui aurait certainement tenté de se suicider au Beaujolais nouveau, s'il avait vu cela : 

Je le répète une fois de plus à l'intention des étudiants en lettres qui commencent à savoir lire dès l'âge du permis de conduire, on peut très bien vivre sans la moindre espèce de culture. Moi-même, je n'ai pas mon permis de conduire, eh bien ça ne m'a jamais empêché de prendre l'autobus. D'ailleurs, si vous n'êtes pas capable de vous priver d'un seul épisode de Dallas pour lire un chapitre des chroniques de Vialatte, dites-vous bien que ça ne vous empêchera pas de mourir d'un cancer un jour ou l'autre. Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Ronsard ? Non. (via Desproges.fr)

En somme, l'idée était simpliste, maladroite, et regrettablement humiliante. 

 

 


Nabilla réinvente la littérature dans "L'oeuf... par puremedias